—Eh bien! quelle route ont-ils suivie? demanda le capitaine Bréguiboul.
Le mendiant tendit la main.
—Donnez, et je parlerai, dit-il.
M. de Pomereux lui jeta sa bourse.
—Voilà de l'or, mais si tu mens tu auras du plomb.
Le mendiant pesa la bourse et regarda le pistolet dont la bouche le menaçait.
—Pourquoi voulez-vous que je mente? dit-il en haussant les épaules; en confessant la vérité, j'évite le péché et j'ai tout profit.
—Dépêche! lui cria M. de Charny.
—Prenez à gauche, répondit le mendiant en tournant son bâton du côté de
Pontoise.
Les vingt cavaliers partirent à la fois comme un tourbillon. A Franconville, M. de Pomereux et ses laquais, mieux montés que Bouletord, laissèrent les gens de la maréchaussée en arrière. Le jeune comte et sa suite avaient des chevaux de race anglaise habitués aux chasses. Leur galop était égal et soutenu. M. de Pomereux et M. de Charny couraient en avant, les laquais suivaient à vingt pas, puis venaient les archers. Le capitaine Bréguiboul galopait entre M. de Pomereux et Bouletord. Son cheval commençait à souffler. Au bout d'une demi-heure, la distance qui les séparait s'agrandit, et les deux troupes se perdirent de vue. Les éperons de Bouletord étaient rouges de sang. Cependant Belle-Rose et Cornélius maintenaient leurs montures à une allure rapide sans être pressée.