—Chez le curé! répondit Georges étourdiment.

—J'irai avec toi.»

Georges comprit que Valentin était décidé à ne pas le quitter.

«Veux-tu pêcher? dit-il brusquement.

—Tu pêches donc?

—Toujours; c'est très-amusant. On a une ligne à la main; on pense à ce qu'on veut, et le poisson mord. C'est ce qu'il y a de mieux quand on a du chagrin.

—Donne-moi une ligne,» répondit Valentin.

Georges courut dans sa bibliothèque, et redescendit avec tout un appareil de pêche. On partit pour le bord de la rivière, et Georges installa Valentin au pied d'un massif de saules qui masquait la vue de tous côtés.

«L'endroit est excellent, il fourmille de goujons, dit-il; en un quart d'heure, on en prend deux douzaines. Reste-là; moi je vais un peu plus loin, derrière ce gros peuplier.»

Et Georges se mit à courir dans la direction du peuplier; mais à vingt pas plus loin il se glissa derrière le rideau des saules, gagna la crique où se balançait la Tortue, sauta dedans, et passa la rivière à grands coups de rames. Cinq minutes après, il gravissait la côte d'Herblay à toutes jambes, et entrait chez la Thibaude.