«Si vous n'êtes pas fatigué, nous nous promènerons un peu, dit-elle, j'ai besoin d'air.»

Ils prirent par un sentier qui descendait vers la rivière. Mme Rose paraissait absorbée par une pensée intérieure.

«Ne pourriez-vous pas me dire ce qui vous préoccupe? demanda Georges timidement. Si vous avez un chagrin, ne puis-je en prendre la moitié?»

Mme Rose secoua la tête.

«Non, dit-elle, c'est une lettre qui a causé cette tristesse, cette agitation où vous me voyez, et, si je ne l'avais pas reçue, peut-être serais-je plus triste et plus agitée encore.»

Un sentiment de jalousie se glissa dans le cœur de Georges.

«Celui qui a écrit cette lettre a donc une bien large part d'influence dans votre vie? dit-il avec amertume.

—Laissons cela,» répondit Mme Rose.

Elle tourna la tête du côté de la brise qui soufflait, et l'aspira avec délices.

«Ah! qu'il fait bon ici! reprit-elle, et que vous êtes heureux de pouvoir y demeurer toujours!»