Cet impénétrable mystère dont Mme Rose s'enveloppait, cette volonté qu'elle montrait de ne pas permettre qu'on en soulevât un seul côté, irritèrent M. de Francalin.

«Oh! toujours, c'est incertain, reprit-il d'un ton léger. Moi aussi, j'ai reçu une lettre d'une tante que j'ai dans le département de l'Oise, à Beauvais; elle veut me marier avec une riche héritière qui fait l'ornement de ce chef-lieu.

—Ah! fit Mme Rose.

—Oui, ma tante, la baronne Alice-Augustine de Bois-Fleury, prétend que je ne saurais rester plus longtemps célibataire sans compromettre la dignité et l'éclat de mon nom. Il faut vous dire que cette excellente baronne, baronne je ne sais pourquoi, a pris son titre au sérieux, et assure que mon nom de Francalin dérive de franc-alleu, ce qui démontrerait tout au moins que mes ancêtres étaient les compagnons d'armes de Mérovée et de Clodion le Chevelu. Une si noble descendance ne saurait se perdre sans forfaire à l'honneur. C'est pourquoi madame ma tante s'est mise en quête d'une personne à qui je puisse m'allier. Elle l'a trouvée, à ce qu'il paraît, et, bien que ma fiancée ne puisse prétendre à une origine aussi glorieuse, elle est de bonne souche et comtesse de son chef. Ma tante a souligné ces derniers mots dans un post-scriptum où, pour donner plus d'éclat à cette union des Francalin et des Valpierre, elle y ajoute l'appoint d'un demi-million.»

Tout cela fut dit avec une extrême volubilité et d'un ton de persiflage sous lequel M. de Francalin espérait dissimuler sa colère.

«Et qu'avez-vous répondu? demanda Mme Rose.

—Moi! j'ai refusé.

—Pourquoi?»

Ce mot, dit simplement, fit tomber la verve factice de M. de Francalin, comme le plus léger choc abat un château de cartes.

«Mais, dit-il embarrassé, j'ai refusé parce que....»