Elle fit faire le tour de son petit domaine à M. de Villerglé.
«Cet herbage est à nous, reprit-elle, ainsi que les trois vaches que vous y voyez. Là est un champ qui nous a donné beaucoup de pommes de terre cette année. Nous avons encore un enclos et un bout de pré sur la colline.... Faut-il que vous soyez ingrat! Comment n'avez-vous pas reconnu les gros pommiers où vous avez pris tant de pommes?
—Le Buisson a fait peau neuve; les murailles, qui étaient noires, ont été recrépies à la chaux, et, au lieu des volets de bois gris, voilà de belles persiennes vertes!
—C'est mon père qui a eu cette idée-là.... Il y a eu pour cent écus d'embellissements.»
Louise conduisit Pierre sur le banc qui était sous le noyer, et d'où la vue s'étendait sur la plaine.
«Voulez-vous une poire? dit-elle; j'en ai de fort belles.»
Elle partit en courant, et revint un moment après avec une assiette couverte de fruits.
«Prenez, reprit-elle, la Capucine n'en produit pas de meilleures.
—A propos, dit Pierre en avalant un quartier de la poire que venait d'éplucher Louise, qu'est devenu notre filleul?
—Dominique? Ah! ne m'en parlez pas! Je ne me doutais guère, alors que je tenais ce petit homme sur les fonts baptismaux, qu'il deviendrait un pareil garnement.