«Elle n'avoit pas cinq ans quand on lui voulut faire tenir un enfant. Le curé de Saint-Germain la refusa, disant: «Elle n'a pas sept ans.—Interrogez-la,» lui dit-on. Il l'interrogea devant cent personnes; elle répondit assurément, il la reçut et lui donna bien des louanges.

«Un jour qu'elle étoit couchée avec Mme de Rambouillet, M. de Montausier la voulut tâter: «Arrêtez-vous, mon papa, les hommes ne mettent point la main dans le lit de grand'maman.»

«C'est la consolation de cette grand'maman quand elle demeure toute seule à Paris. A la mort de M. de Rambouillet, elle étoit fort touchée de la voir triste: «Consolez-vous, lui dit-elle, ma grand'maman, Dieu le veut; ne voulez-vous pas ce que Dieu veut.» D'elle-même, elle s'avisa de faire dire des messes pour lui. «Ah! dit sa gouvernante, si votre grand-papa qui vous aimoit tant, savoit cela!—Eh! ne le sait-il pas, dit-elle, lui qui est devant Dieu?»

«..... C'est dommage qu'elle ait les yeux de travers, car elle a la raison bien droite; pour le reste, elle est grande et bien faite. Elle s'est gâtée depuis, et pour l'esprit et pour le corps.» (Tallemant.)

[77] Montausier était alors fort assidu à ces séances où il figurait sous le nom de Menalidus. Voici le portrait que Saumaise fait de lui dans son Dictionnaire des précieuses: «Menalidus joint les choses qui semblent les plus éloignées, car il est vaillant et docte, galant et brave, fier et civil; en un mot, c'est un homme accompli.» (Grand dictionn. historique des précieuses, deuxième partie, p. 121.)

[78] Mai 1659.

[79] Dans une lettre de Mme de Montausier, tirée des manuscrits de Conrart et publiée récemment, on trouve quelques détails sur le passage de Mazarin dans l'Angoumois: «... Six jours après estre arrivée icy, où nous avons eû toute la province à recevoir, nous sommes retournez voir M. le cardinal, qui a passé à cinq lieuës d'icy, il a fallu assembler toute la noblesse pour sa réception, et se tourmenter furieusement par le plus grand chaud du monde; de sorte que je croy, aussi bien que Mlle de Vandy, que je suis bien plus forte que je ne pense; car je me porte fort bien de tout ce tracas. Je ne vous pourray apprendre apparemment que les nouvelles que vous savez déjà, que dom Louis sera le 25 à Irun; que M. le cardinal et luy se verront dans un couvent de minimes, qui est entre ce lieu-là et Saint-Jean-de-Lus, mais pourtant sur les terres de France; que ses nièces demeureront à la Rochelle; et que Mlle Marie est aussi triste pour le moins que le roy.....» (Voir mon édition des Lettres du comte d'Avaux, p. 78.)

[80] Ils accordèrent, en effet, trois millions et demi.

[81] Le 26 août.

[82] Ce fait se trouve confirmé par le billet suivant adressé par Mme de Montausier elle-même au comte et à la comtesse de Maure: «Vrayment je m'en fie bien à vous et en M. le comte de Maure, pour faire valoir vos amis en de telles occasions; et je vous asseure, ma chère sœur, que s'il estoit vray que mon mérite m'eust attiré quelque bonne fortune, j'en aurois vne double joye pour vostre interest à tous deux; car on pourroit espérer de vous voir vn jour les plus grands seigneurs du monde. Je ne saurois dire tout ce que je sens pour les bontez que vous me faites l'honneur de me témoigner l'vn et l'autre, et quoyque j'attende le frisson, car ma fièvre s'est avisée de se mettre en tierce depuis huit jours, je ne puis m'empescher de vous donner cette petite marque de ma reconnoissance en commun. M. de Montausier vous auroit remerciée en son particulier, et M. vostre mary, s'il n'estoit pour le moins aussi languissant que moy. Nous vous asseurons de nos obéissances.