[Note 809: ][(retour) ] Agath., Hist., V, p. 155, 156.--Theophan., Chronogr., p. 197, 198.--Malal., part. II, p. 235.
[Note 810: ][(retour) ] Ibi diviso exercitu, alteram ejus partem in Græciam misit... alteram in Chersonesum Thracicam... ipse vero cum equitum millibus septem, recta Constantinopolim pergens... Agath., Hist., V, p. 155, 156.
Il fallait que des rapports certains eussent fait connaître à Zabergan le mauvais état du mur d'Anastase et l'abandon des postes de défense, car il poussa droit aux brèches faites par les derniers tremblements de terre et entra hardiment dans la campagne de Constantinople[811]. Quand on pense qu'il existait en Thrace une colonie de Coutrigours, celle de Sinio, à qui Justinien avait donné des terres six ou sept ans auparavant, on se rappelle involontairement le message du roi des Outigours et le bon sens de son apologue prophétique. Les treize lieues qui séparaient la longue muraille des abords de la ville impériale furent bientôt franchies par la légère cavalerie de Zabergan, qui vint dresser son camp près du fleuve Athyras, dans le bourg de Mélanthiade, à cinq lieues seulement des remparts[812].
[Note 811: ][(retour) ] Quum partes muri Anastasiani terræ motibus collapsas reperissent (Hunni), per cas ingressi... Theophan. Chronogr., p. 197.
[Note 812: ][(retour) ] Circa Melanthiadem vicum, non longius CL stadiis ab urbe distantem: circumfluit autem illum Athyras fluvius. Agath., Hist., V, p. 151.
Cette apparition inattendue jeta Constantinople dans un trouble extrême. On savait l'ennemi en deçà de la longue muraille, mais on ne le savait pas si près, aux portes mêmes de la métropole, et la terreur fut aussi grande que si la ville eût été prise. Les habitants désertèrent leurs maisons pour aller s'entasser sur les places et dans les églises les plus éloignées de Mélanthiade, comme s'ils eussent senti déjà l'atteinte des flèches ennemies; encore la foule ne s'y croyait-elle pas en sûreté: au moindre incident, à quelque clameur lointaine, au bruit d'une porte violemment poussée, l'épouvante la prenait, et elle se dispersait à droite ou à gauche comme un essaim d'oiseaux effarouchés. La peur n'épargnait pas plus les grands que les petits; nul ne commandait, et l'on ne disposait rien pour la défense. La première pensée de l'empereur avait été une pensée pieuse; pour garantir de la profanation et du pillage les églises des faubourgs, dont les approches étaient encore libres, entre Blakhernes et la Mer-Noire, il avait ordonné d'en retirer l'argenterie, les reliquaires, les étoffes précieuses, et de les mettre à couvert soit dans les murs, soit de l'autre côté du Bosphore[813]. La campagne et le port se couvrirent donc de chariots ou de barques qui se croisaient en tout sens: c'était le seul mouvement qu'on aperçût au nord et à l'est de la ville. Enfin une troupe de braves citadins vint s'offrir d'elle-même pour aller reconnaître l'ennemi conjointement avec les gardes du palais; ils partirent ensemble, mais on les vit bientôt revenir dans le plus grand désordre, laissant derrière eux une partie de leurs gens. Quelques charges de la cavalerie ennemie les avaient dispersés. La milice palatine n'était plus alors ce qu'on l'avait vue autrefois, quand les empereurs la choisissaient dans l'armée entière, dont elle était l'élite et l'orgueil[814]. Zenon avait commencé à l'abâtardir en y introduisant, pour sa sûreté personnelle, des Isauriens, qui n'avaient point ou qui avaient mal fait la guerre[815]. Anastase la désorganisa encore davantage en laissant vendre les places de gardes, auxquelles de nombreux priviléges, des exemptions et une forte solde étaient attachés. De riches bourgeois s'en emparèrent à prix d'argent, et il n'y eut bientôt plus de soldats dans la garde palatine[816]. Ainsi le siége de l'empire et la vie de l'empereur se trouvèrent confiés à une milice couverte d'or, mais qui ne savait pas manier le fer: troupe de parade, faite pour orner un triomphe, et non pour le procurer[817].
[Note 813: ][(retour) ] Jubente imperatore, ciboria argentea et sanctæ mensæ pariter ex argento, quæ extra civitatem in ecclesiis erant, suis locis exportatæ sunt. Theophan., Chronogr., p. 197.--Nudabantur suis ornamentis templa quotquot extra urbem sita erant. Agath,Hist., V, p. 159.
[Note 814: ][(retour) ] Duces quidem et tribuni militares multique armati constiterunt ut fortiter hostem, si forte impetum fecerat, propulsarent. Agath., Hist., V, p. 159.--Multi ex civium numero... ibi commissa pugna, multi Romanorum et Scholarium ceciderunt. Theophan., Chronogr., p. 198.
[Note 815: ][(retour) ] Agath., Hist., V, p. 159.
[Note 816: ][(retour) ] Agath., ub. sup.--Theophan., Chronogr., p. 198.