[Note 841: ][(retour) ] Quum enim populus universus cum decantaret, et in conventibus cum summis laudibus efferret, veluti ab illo apertissime conservatus, momordit vero id primores urbis... Agath., Hist., V, p. 166.

[Note 842: ][(retour) ] Multi, ipsum, ut virum arrogantem et popularis auræ blanditiis insolescentem, alias spes animo agitare, dictitabant. Id., ibid.

[Note 843: ][(retour) ] Hunni vero... postquam Belisarium revocatum fuisse cognorunt, neque alius quisquam in ipsos moveret, lentius rursum procedebant. Id., loc. cit.

Tout en pillant et se vengeant de son échec par des cruautés dignes du plus abominable barbare[844], Zabergan attendit le retour des deux autres divisions de son armée, auxquelles il avait envoyé l'ordre de se rallier. Elles n'avaient pas été plus heureuses que la sienne. La division de Grèce s'était laissé arrêter aux Thermopyles; celle de la Chersonèse avait également échoué, mais la première s'était fait battre par les paysans thessaliens, aidés de quelques soldats[845]; la seconde n'avait cédé qu'après des péripéties qui faisaient honneur à son audace. Voici ce qui s'était passé de ce côté.

[Note 844: ][(retour) ] Ils occupèrent en se retirant Tzurullus, actuellement Tchourlou, Arcadiopolis et Saint-Alexandre de Zoupari; ils restèrent dans ce pays jusqu'à Pâques. Theophan., p. 198.

[Note 845: ][(retour) ] Qui vero in Græciam antea missi erant, nihil plane dignum memoratu gesserunt, nullo in isthmum impetu facto, sed ne Thermopylas quidem initio trangressi, quod illas Romanoram præsidia insedissent. Agath., Hist., V. p. 170.

L'isthme étroit qui sépare la presqu'île de Thrace du continent était anciennement intercepté par un mur bas, aisément franchissable au moyen d'échelles, et qui ressemblait assez, dit Procope, à une clôture de jardin[846]. Justinien avait remplacé cet ouvrage inutile et ridicule par un rempart formidable. Le nouveau mur, muni d'un fossé à berges escarpées, se composait de deux galeries crénelées placées l'une sur l'autre, dont la première était voûtée et à l'épreuve des plus lourds projectiles, de sorte qu'il opposait à l'ennemi sur tout son front une double rangée de soldats et de machines de guerre. Deux môles puissamment fortifiés, auxquels la mer servait de ceinture, le protégeaient à ses extrémités[847]. Les Coutrigours trouvèrent derrière ce rempart une petite armée bien disciplinée et un jeune général plein de génie, Germain, fils de Dorothæus, l'élève et l'enfant adoptif de Justinien[848]. Tous les efforts des barbares pour enlever l'obstacle de vive force restèrent sans succès; plusieurs fois ils battirent en brèche les galeries, plusieurs fois ils en tentèrent l'escalade et furent toujours repoussés avec de grandes pertes. Les surprises ne leur réussirent pas mieux que les assauts, tant l'active sollicitude du général allait de pair avec la constance du soldat. Il y avait de quoi désespérer; mais le courage revenait aux Huns lorsqu'ils songeaient à ces villes opulentes enrichies par le commerce du monde, Aphrodisias, Cibéris, Callipolis, Sestos[849], dont il leur faudrait abandonner la dépouille, et ils résolurent de tout essayer plutôt que de renoncer à une pareille bonne fortune.

[Note 846: ][(retour) ] Perinde enim tenuem humilemque fecerant, quasi hortum, alicubi temere positum, maceria cingerent... Procop., Ædif., IV. 10.

[Note 847: ][(retour) ] Supra pinnas eductus fornix concameratam porticum efficit, ac muri defensores tegit. Alter pinnarum ordo fornici superpositus, dimicationem duplicat oppugnatoribus. Deinde in utraque muri extremitate, ubi mare illiditur, ac reciprocando subsidit, aggeres sive moles, ut appellant, molitus est, qui in æquor longe procurrunt, et muro continentes, de altitudine cum ipso certant. Exteriorem ejusdem fossam purgavit, plurimaque humo egesta, latiorem multo fecit et altiorem. Præterea militares numeros in his longis muris locavit, Barbaris omnibus arcendis pares, si qua Cherronesi pars tentaretur. Procop., Ædif., IV, 10.

[Note 848: ][(retour) ] Dorothæus était un brave général qui, après s'être signalé par des actions d'éclat, était mort en Sicile à la suite de Bélisaire: l'empereur avait pris soin de son fils et l'avait fait élever près de lui. Germain était né à Bederiana en Illyrie, dans le voisinage de Tauresium, patrie de Justinien.