[Note 941: ][(retour) ] Ponte junctum fluvium Saüm, supervacuum existimo affirmare: manifesta enim is qui probe scienti narrat, vituperatione dignus est. Menand., Exc. leg., p. 130.
[Note 942: ][(retour) ] Itaque imperator consultius faceret, si pro una minime celebri urbe, magis pro una olla a bello in Avaros et Avarorum Chaganum gerendo abstineret. Menand., Exc. leg., p. 130.
[Note 943: ][(retour) ] Frui quidam Chaganum donis, quæ singulis annis accipit ab imperatore, sed etiam si suppetant opes, et facultates, aurum, argentum et plurima serica vestis, vita et salus quæ longe cæteris rebus est potior, magis his omnibus est paranda. Menand., ub. sup.
[Note 944: ][(retour) ] Hæc Imperatorem valde perturbarunt, et graviter ejus mentem ira dolori immixta perculerunt... Potius unam ex filiabus, quas duas habeo, illi desponderem, quam Sirmium oppidum volens traderem. Menand., Exc. leg., p. 131.
Une guerre bien inégale commença. Les officiers romains, à force de battre le pays, réunirent une armée de recrues qui tint pourtant la campagne. Sirmium se ravitailla, et les troupes romaines, retranchées dans deux petites îles de la Save nommées Casia et Carbonaria, gênèrent beaucoup les opérations du siége, qui traîna en longueur. Cependant les malheureux Sirmiens, redoutant le retour prochain de la famine, demandaient à grands cris qu'on livrât une bataille décisive, ou qu'on fît la paix. Baïan profita de ces dispositions pour sonder le général en chef, nommé Théognis, et l'appeler à une entrevue qui se passa sur la rive gauche du fleuve. Théognis y vint en bateau, et Baïan à cheval. Le barbare, après avoir mis pied à terre, s'assit sur un siége d'or qu'on lui avait préparé au-dessous d'un dais enrichi de pierreries, et l'on plaça en guise de rempart, devant sa poitrine et son visage, un large bouclier, dans la crainte probable que les Romains ne se missent à tirer sur lui par trahison[945], les Romains et les Avars n'étant éloignés les uns des autres que de la portée de la voix. Quand il fut temps, les interprètes des Avars, s'avançant dans l'intervalle, crièrent qu'il y avait trêve[946], et les hérauts romains répondirent par le même cri. Baïan n'avait rien à dire de nouveau, si ce n'est que, d'après des avis sûrs qu'il avait reçus, les provisions de Sirmium étaient encore une fois épuisées; mais Théognis refusa de l'entendre, opposant un refus péremptoire à toute proposition tant que les Avars ne seraient pas rentrés dans leur pays, et menaceraient la ville. Les deux interlocuteurs disputèrent ainsi longtemps et avec vivacité sur la condition préliminaire posée d'une manière absolue par Théognis, et celui-ci, s'échauffant outre mesure, finit par dire au kha-kan: «Retire-toi de devant mes yeux, et prends tes armes!» C'était annoncer assez clairement qu'il voulait livrer bataille le lendemain[947]; mais ni le lendemain, ni les deux jours suivants, on ne vit les Romains quitter leurs lignes. Attendaient-ils eux-mêmes l'attaque des Avars? Théognis se repentait-il d'un défi jeté dans un accès de colère, et qu'il n'osa pas soutenir de sang-froid? L'inaction des Romains, quelle qu'en fût la cause, enhardit les barbares, qui achevèrent de bloquer Sirmium du côté de la Dalmatie par l'établissement d'un second pont.
[Note 945: ][(retour) ] Itaque Baïanus advenit, et de equo descendens, in cathedra aurea quæ illi apposita fuit, sedit sub textili gemmis adornato, quod illi præparatum fuerat tanquam tectum. Ante pectus illius et vultum, propugnaculi vice, erat objectum scutum, ne a Romanis forte confertim in eum tela jaculantibus appeteretur. Menand., Exc. leg., p. 131.
[Note 946: ][(retour) ] Hunni interpretes clara voce fidem datam per inducias pronuntiarunt.... Id., ibid.
[Note 947: ][(retour) ] Ut se ab oculis Romanorum subduceret et arma ad pugnam capessendam caperet, tanquam crastina die sine ulla dilatione manus illi secum conserendi potestatem facturus. Menand., p. 132.
Quelques semaines après l'entrevue dont je viens de parler, on apprit que cent mille Slovènes, traversant le delta du Danube, s'abattaient sur la Mésie et la Thrace, et il ne fut pas difficile de deviner la main qui les avait lancés, en songeant que Baïan était maître de la rive droite du fleuve dans la petite Scythie. Les envahisseurs semblaient avoir pour mot d'ordre de détruire plus encore que de piller, et des cris de détresse partirent de ces provinces, que l'armée de Théognis ne secourait point. Entre ces cris et ceux des Sirmiens, que la famine commençait à tourmenter, l'empereur hésitait à faire un choix douloureux; il le fit enfin, et sacrifia Sirmium. Baïan, qui n'avait cessé de déclarer qu'il voulait la ville nue, les murailles, et pas davantage, exigea dans la capitulation que les habitants, qui sortiraient, laisseraient leurs meubles, même leurs habits; il exigea en outre que l'empereur lui fît le rappel des trois dernières années de sa pension, ce qui faisait deux cent quarante mille pièces d'or, à raison de quatre-vingt mille par année[948]. Enfin, comme il fallait toujours une nullité dans toutes les conventions que consentait le kha-kan, il voulut imposer aux Romains l'obligation de trouver dans l'empire et de lui livrer un transfuge avar qui avait eu commerce avec une de ses femmes: il ne considérerait, disait-il, la paix comme définitive que lorsque cette condition aurait été remplie[949]. On s'épuisa à lui démontrer qu'elle était presque impossible dans un empire aussi vaste que celui des Romains, où un homme trouvait aisément moyen de se dérober aux recherches, que d'ailleurs il pouvait se faire que cet homme fût déjà mort. «Eh bien! s'écria Baïan, jurez-moi du moins de ne le point cacher, et de me le livrer, mort ou vif, dès qu'il vous tombera sous la main[950].» Les Romains le jurèrent, et les Avars prirent possession de Sirmium.
[Note 948: ][(retour) ] Exegit etiam Chaganus trium præteritorum annorum aurum, quod non acceperat, et illi Romani solvere solebant, ut armis abstineret. Erant vero pecuniæ, quæ pro pace unoquoque anno pendebantur octuagies mille, nummi aurei. Menand., Exc. leg., p. 175.