[Note 137: ][(retour) ] Scotta qui susciperet, advenerat... Prisc., Exc. leg., p. 35.
[Note 138: ][(retour) ] Conficiebantur enim illæ pecuniæ cum acerbitate et contumelia... mundum uxorium et pretiosam suppellectilem in foro palam et publice venum exponebant... Multi sibi violentas manus attulerunt, aut aptato collo laqueo vitam finierunt. Prisc., ibid.
[Note 139: ][(retour) ] Le Grand Spathaire: c'était une dignité de la cour de Constantinople. Spatharius; Σπαθάριος.
CHAPITRE TROISIÈME
Ambassade d'Attila à Théodose.--Qui étaient Edécon et Oreste.--L'eunuque Chrysaphius engage Edécon à tuer Attila.--Ambassade de Théodose à Attila: Maximin, Priscus, Vigilas.--Les ambassadeurs huns et romains se rendent ensemble en Hunnie.--État déplorable de la Thrace et de la Mésie.--Halte à Sardique; dîner donné par Maximin; altercation entre les Romains et les Huns; menaces d'Oreste.--Ruines de Naïsse.--Grande chasse préparée par Attila en Pannonie; passage du Danube.--Les ambassades se séparent.--Camp d'Attila.--Visite des officiers huns à Maximin.--Audience d'Attila; tableau de sa cour; sa colère contre l'interprète Vigilas.--Il renvoie Vigilas à Constantinople.--Défense aux Romains de rien acheter en Hunnie.--Maximin et Priscus suivent l'armée d'Attila.--Attila épouse la fille d'Escam.--Voyage des Romains à travers les marais de la Théïss; ils sont assaillis par un orage.--Une des femmes de Bléda leur donne l'hospitalité.--Ils rencontrent des ambassadeurs envoyés à Attila par l'empereur d'Occident.--Sujet de cette ambassade; vases de Sirmium.--Les deux ambassades arrivent dans la ville d'Attila.
Fils d'Arcadius et héritier du plus grand nom de l'empire, Théodose II était un de ces souverains dénués de vertus et de vices qui perdent les peuples plus sûrement que ne feraient des tyrans, parce qu'ils leur communiquent la mollesse de leur âme et leur indifférence pour le bien. A l'âge de cinquante ans, et aux rides près, on le trouvait encore ce qu'on l'avait vu à quinze ans, c'est-à-dire un jeune homme rangé, suivant régulièrement quelques études, assidu aux pratiques de dévotion, évitant les scandales de mœurs; du reste, adroit à l'escrime, excellent archer, meilleur cavalier, passionné pour la chasse et pour les rivalités bruyantes de l'hippodrome, se piquant de bien divertir ses sujets par des magnificences qui les ruinaient, et plaçant la grandeur du prince dans l'énormité de ses profusions. Une entreprise utile qui s'exécuta sous son règne, la codification des lois promulguées par les empereurs chrétiens, a recommandé sa mémoire à la postérité; mais les contemporains, qui le voyaient de près, ne lui accordèrent pas d'autre surnom que celui de calligraphe, qu'il méritait d'ailleurs par la beauté de son écriture, faite pour désespérer les plus habiles copistes de profession[140].
Ce vieil enfant n'avait que faire de sa liberté: il l'aliéna donc toujours avec plaisir, ne cherchant qu'à vivre heureusement sous une tutelle volontaire. Quand il ne régnait pas en compagnie de sa sœur aînée Pulchérie, son plus sage et plus affectionné conseiller, quand il ne subissait pas le joug parfois un peu rude de sa femme, la pédante Athénaïs, qui, de l'école du philosophe son père, avait apporté sur le trône l'orgueil et les déportements d'une Agrippine, il obéissait à ses eunuques, et en premier ordre au grand eunuque son chambellan. Ce grand eunuque, il est vrai, changeait souvent, quoique son autorité fût toujours la même; les révolutions du palais de Byzance se succédaient presque sans interruption, et l'histoire a daigné enregistrer toutes ces dynasties d'eunuques, si un tel mot peut s'appliquer à de telles gens: elle compte jusqu'à quinze chambellans, premiers ministres de Théodose, qui se supplantèrent et, pour plusieurs même, s'étranglèrent l'un l'autre dans l'espace de vingt-cinq ans[141]. En 443 enfin, le sceptre tomba aux mains de Chrysaphius, qui sut le retenir avec résolution, n'épargnant, pour écraser ses rivaux et captiver son maître, ni les pillages publics, qui enrichissaient le fisc impérial, ni les violences, ni les perfidies. Tout ce qu'on peut imaginer de bassesse et de corruption régna sept ans avec lui, et domina un prince dont le cœur n'était pourtant point fermé à tout sentiment d'honneur. Théodose de sa nature étant peu belliqueux, on tâchait de désarmer l'ennemi à force d'or, et on faisait disparaître, comme des ambitieux turbulents, les généraux utiles à l'empire, mais qui blâmaient ces lâchetés. Un pareil gouvernement légitimait tous les mépris qu'on pouvait verser sur lui; aussi Attila ne lui en épargnait aucun, tandis qu'au contraire il ménageait dans l'empire d'Occident l'administration et la personne d'Aëtius[142].
[Note 140: ][(retour) ] Cf. Socrat., VII., 22.--Sozom., IX, 1, et pr., p. 394 et 395;--Cedr., 1, p. 335.--Manass., p. 55, etc.--V. Tillemont, Hist. des Emp., VI, p. 19 et suiv.
[Note 141: ][(retour) ] Cf. Tillemont, Hist. des Emp., t. VI.