[Note 171: ][(retour) ] Circa vesperam nobis cœnautibus, auditus est strepitus equorum ad nos venientium; et duo viri seythæ advenerunt, qui nos ad Attilam venire jusserunt. Prisc., Exc. leg., p. 41.

[Note 172: ][(retour) ] Obvii barbari prohibnerunt, quoniam Attilæ tentorium esset in planitie positum. Id., in cod. loc.

[Note 173: ][(retour) ] Huc Edecon, Orestes, Scotta et alii ex Scythis primores mox advenerunt, et ex nobis quæsierunt, quarum rerum consequendarum gratia hanc legationem suscepissemus. Prisc., Exc. leg., p. 50, 51.

[Note 174: ][(retour) ] Nos invicem intueri, et tam ineptam cunctationem admirari. Prisc., ub. sup.

[Note 175: ][(retour) ] Nos vero obtestari, nusquam hanc legem legatis impositam... Neque hoc Scythas nescire, qui sæpe numero legatos ad imperatorem miserint. Prisc., loc. laud.

Les visiteurs disparurent, mais pour revenir au bout de quelques moments, tous, sauf Édécon. Répétant alors mot pour mot à Maximin le contenu de ses instructions[176], ils ajoutèrent que, s'il n'apportait rien de plus, il n'avait qu'à repartir sur-le-champ. Ce fut, pour Maximin et Priscus, une énigme de plus en plus obscure; ils en croyaient à peine leurs oreilles, et, ne pouvant comprendre comment les intérêts confiés à la conscience d'un ambassadeur, les secrets inviolables de l'empire se trouvaient ainsi divulgués à ses ennemis; ils restaient muets comme des hommes qu'un coup violent vient d'étourdir. Sortant enfin de cet état de stupeur, Maximin s'écria: «Eh bien! que ce soient là nos instructions ou que nous en ayons d'autres, votre maître seul le connaîtra.»--«Partez donc,» répliquèrent-ils[177]. Les Romains se préparèrent à partir. Vigilas, pendant qu'on faisait les bagages, avait peine à contenir sa mauvaise humeur; il maudissait les Huns et blâmait la conduite de l'ambassadeur. «N'eût-il pas mieux valu mentir, répétait-il, que de s'en retourner honteusement sans avoir rien fait[178]? Je répondrais d'Attila, si je pouvais le voir un seul instant, car j'ai vécu en assez grande familiarité avec lui pendant l'ambassade d'Anatolius; d'ailleurs Édécon me veut du bien[179].» Et il revenait toujours à sa proposition d'annoncer encore d'autres instructions, afin d'obtenir audience du roi. Préoccupé de sa propre affaire et de sa fortune qu'un départ précipité faisait évanouir, il s'inquiétait aussi peu de compromettre le caractère d'un ambassadeur par des mensonges que sa vie par un attentat. L'interprète s'aveuglait lui-même; il ne s'apercevait pas qu'il était trahi. Soit que jamais Édécon n'eût conspiré sérieusement contre la vie de son maître, soit qu'il l'eût fait, séduit par les promesses de Chrysaphius, mais que les paroles mystérieuses d'Oreste, à la suite du repas de Sardique, lui eussent donné à réfléchir, il avait compris qu'un œil vigilant avait épié toutes ses démarches, que tout était connu, et son souper chez l'eunuque, et ses conférences secrètes avec l'empereur, et les présents qu'il avait reçus. En homme habile, il s'était hâté de prendre les devants, et, précédant les envoyés romains auprès de son maître, il lui avait tout révélé: propositions, entrevues, somme promise, moyen imaginé pour la faire tenir en main sûre, complicité de Vigilas et innocence de Maximin, tout, en un mot, jusqu'aux divers points traités dans les instructions de l'ambassadeur[180]. Ce fut une bonne fortune que le ciel envoyait au fils de Moundzoukh pour prendre Théodose en flagrant délit d'infamie, le couvrir d'opprobre et justifier à la face du monde tout ce qu'il lui plairait de lui infliger: mais cette occasion précieuse, il se garda bien de la risquer par un éclat prématuré. Il n'avait pour accuser que le témoignage d'Édécon, il en voulait d'autres que nul ne pût nier: il voulait des indices clairs, manifestes, et jusqu'à un commencement d'exécution, et, dans son calcul, c'étaient les Romains qui devaient lui fournir eux-mêmes ces preuves dont il se proposait de les accabler. Comprimant donc son ressentiment et décidé à attendre jusqu'au bout sans impatience, il se mit à jouer avec cette lâche cour de Constantinople, comme le tigre joue avec l'ennemi qu'il tient sous sa griffe, avant de lui donner le dernier coup.

[Note 176: ][(retour) ] Unde non multo post sine Edecone reversi, omnia, quaæ cum illis agere in mandatis habebamus, dixerunt. Prisc., ibid.

[Note 177: ][(retour) ] Sive ea, quæ Scythæ modo protulerunt, sive alia nuntiaturi venerimus, neminem nisi ducem vestrum quærere decet, neque de his cum aliis ullo pacto disserere constituimus.--Illi vero nos quam primum abire jusserunt. Prisc., Exc. leg., p. 51.

[Note 178: ][(retour) ] Longe enim potius fuisse in mendacio deprehendi, quam re infecta domum reverti. Id., ibid.

[Note 179: ][(retour) ] Si enim, inquit, cum Attila collocutus fuissem, facile ei a contentione cum Romanis discedere persuasissem, quippe qui antea familiaritatem cum illo in legatione cum Anatolio suscepta contraxerim. Id., l. c.