[Note 271: ][(retour) ] Jussit Orestem crumena in quam Vigilas, aurum quod Edeconi daretur conjecerat, collo imposita... Num hanc crumenam nosset? Prisc., Exc. leg., p. 39.

[Note 272: ][(retour) ] Theodosium quidem clari patris et nobilis esse filium, Attilam quoque nobilis parentis esse stirpem, et patrem ejus Mundiuchum acceptam a patre nobilitatem integram conservasse; sed Theodosium tradita a patre nobilitate excidisse, quod tributum sibi pendendo suus servus esset factus. Prisc., Exc. leg., p. 39.

[Note 273: ][(retour) ] Neque se prius criminari illum eo nomine destituturum, quam Eunuchus ad supplicium sit traditus. Id., ibid.

On ne s'attendait pas à cette conclusion. Théodose avait pu se résigner à toutes les humiliations que son crime découvert pouvait faire pleuvoir sur lui; mais les eunuques n'étaient point décidés à se laisser enlever le pouvoir, ni Chrysaphius à livrer sa tête: tout fut donc en rumeur dans le palais. Ce qui préoccupa surtout l'empereur, ce fut de sauver son chambellan; toutes les mesures adoptées tendirent à ce but. Les dernières entraves que la politique byzantine opposait encore à l'orgueil d'Attila furent levées sans hésitation: il voulait avoir des ambassadeurs consulaires, on lui en donna; il avait désigné les patrices Anatolius et Nomus, parce qu'il n'y avait pas de plus grands seigneurs dans l'empire: on lui envoya Anatolius et Nomus. On le traita comme on traitait le souverain de l'empire des Perses, le grand roi. On s'occupa même de Constancius, qui reçut de la main de l'empereur une veuve très-riche en remplacement de sa fiancée, mariée à un autre[274]. Aucune concession, aucune bassesse ne furent épargnées. La gloriole d'Attila était satisfaite, et il alla par honneur au-devant des hauts personnages qu'on lui députait[275]; toutefois il leur parla un langage dur, le langage d'un homme irrité. Ils apportaient de riches présents qui parurent l'adoucir; ils apportaient aussi beaucoup d'argent: Attila prit tout. Il délivra Vigilas, qu'il regardait comme un coupable trop infime pour sa vengeance: il ne réclama plus la zone riveraine du Danube, qu'il possédait de fait, sinon de droit; il ne dit plus rien des transfuges, il élargit même sans rançon un grand nombre de prisonniers romains; mais il exigea la tête de Chrysaphius. Sur ce point, il fut inflexible[276].

[Note 274: ][(retour) ] Constantio nuptum datum iri mulierem minime Saturnini filiæ genere et opibus inferiorem. Prisc., Exc. leg., p. 71.

[Note 275: ][(retour) ] Illie Attilas reveventia tantorum virorum motus, ne longioribus itineribus defatigarentur, cum illis convenit. Id., p. 72.

[Note 276: ][(retour) ] Liberavit et Vigilam... Tum Anatolio et Nomo gratificans, quam plurimos captivos illis sine ullo pretio concessit... Prisc., ibid.

L'année 450 commença sous ces auspices. Les contingents des tribus hunniques arrivaient en masse sur les bords du Danube; des armements s'opéraient chez les nations vassales de ces hordes, les Ostrogoths, les Gépides, les Hérules, les Ruges, et l'on annonçait que les Acatzires étaient en marche. L'inquiétude gagna l'empire d'Occident non moins que celui d'Orient: non-seulement l'affaire de Sylvanus restait sans conclusion, mais il était survenu depuis d'autres embarras plus graves; les conjonctures étaient menaçantes. Enfin deux messagers goths, partis de la Hunnie, se présentèrent, le même jour et à la même heure, devant les empereurs Théodose et Valentinien; ils étaient chargés de dire à l'un et à l'autre: «Attila, mon maître et le tien, t'ordonne de lui préparer un palais, car il va venir[277]

[Note 277: ][(retour) ] Imperat per me Dominus meus et Dominus tuus Attilas, ut sibi palatium instruas. Chron. alex., p. 253.--Jean. Malal., Chronogr., ii, p. 22.