[Note 336: ][(retour) ] Cœcam et paralyticam sanat... dæmones fugat...--Pluribus in hoc sæculo viventibus secretas couscientias liquido declarabat...--Imbrem, tempestatem precibus pellit... Vit. S. Genovef., cum annot. Boll., 3 januar.
[Note 337: ][(retour) ] Hic per negotiatores ad loca ista, mercandi gratia sæpius venientes, sanctæ Genovefæ salutationes cum plurima veneratione mittebat... 2(a) Vit. S. Genovef., 22.
[Note 338: ][(retour) ] Lors d'une visite faite à la cour de Ravenne par saint Germain, Placidie voulut le recevoir debout.
Depuis que l'on parlait de l'arrivée prochaine d'Attila, surtout depuis que les ravages de la guerre avaient commencé, Geneviève semblait avoir mis de côté toute autre pensée. Profondément convaincue avec toutes les âmes religieuses de son siècle que les événements de ce monde ne sont qu'un résultat des desseins de Dieu sur les hommes, et qu'ainsi le repentir et la prière, en désarmant la colère divine, peuvent conjurer les calamités qui nous menacent, elle priait nuit et jour sur la cendre, appelant avec larmes le pardon de Dieu sur son pays. De même qu'en d'autres malheurs publics une autre fille des Gaules, Jeanne d'Arc, Geneviève eut des visions; elle apprit que la ville de Paris serait épargnée si elle se repentait, et qu'Attila n'approcherait pas de ses murs. Elle alla donc exhorter ses compatriotes à la pénitence, leur ordonnant de laisser là tous leurs préparatifs de départ[339]; mais elle ne reçut des hommes pour toute réponse que des paroles grossières et des marques de dérision[340]. Rebutée de ce côté, elle prit le parti de s'adresser aux femmes.
[Note 339: ][(retour) ] Nolite, ô cives, tantum facinus mente concipere. 2(a) Vit. S. Genovef., 10.
[Note 340: ][(retour) ] Insurrexerunt autem in eam cives Parisiorum, dicentes pseudo-prophetissam suis temporibus apparuisse, eo quod prohiberentur ab ea, quasi a peritura civitate, in alias tutiores urbes bona sua transferre. Vit. S. Genovef., 11., ap. Boll.
Les rassemblant autour d'elle, elle leur disait en leur montrant de la main leurs maisons déjà vides et leurs rues désertes: «Femmes sans cœur, vous abandonnez donc vos foyers, ces toits sous lesquels vous fûtes conçues et nourries et où sont nés vos enfants, comme si vous n'aviez pas; pour garantir du glaive vous et vos maris, d'autres moyens que la fuite! Que ne vous adressez-vous au Seigneur, puisant des armes dans la prière et le jeûne, ainsi que firent Esther et Judith[341]? Je vous prédis, au nom du Très-Haut, que votre ville sera épargnée, si vous agissez ainsi[342], tandis que les lieux où vous croyez trouver votre sûreté tomberont aux mains de l'ennemi, et qu'il n'y restera pas pierre sur pierre.» Ses paroles, ses gestes, son regard d'inspirée, émurent toutes les femmes, qui la suivirent silencieusement où elle voulut. Il y avait à la pointe orientale de l'île de Lutèce, dans le même emplacement où s'élève aujourd'hui la basilique de Notre-Dame, une église, consacrée au protomartyr saint Étienne. C'est là que Geneviève conduisit son cortége de femmes, à l'aide duquel elle se barricada dans le baptistère, et toutes se mirent à prier. Surpris de l'absence prolongée de leurs femmes, les hommes vinrent à leur tour à l'église, et trouvant les portes du baptistère fermées, ils demandèrent ce que cela signifiait; mais les femmes répondirent de l'intérieur qu'elles ne voulaient plus partir[343]. Cette réponse mit les hommes hors d'eux-mêmes. Avant de briser la clôture d'un lieu saint, ils tinrent conseil, et discutèrent d'abord sur le genre de supplice qu'il convenait d'infliger à la fausse prophétesse, comme ils l'appelaient, à l'esprit de mensonge qui venait les tenter dans leurs mauvais jours. Les uns opinaient pour qu'elle fût lapidée à la porte de l'église, les autres pour qu'on la jetât la tête la première dans la Seine[344]. Ils discutaient tumultueusement, quand le hasard leur envoya un membre du clergé d'Auxerre, qui fuyait l'approche de l'invasion et gagnait probablement la basse Seine, espérant y être plus à l'abri. C'était un diacre qui avait apporté plusieurs fois à Geneviève les eulogies de la part de saint Germain[345]. Au nom de l'évêque mort depuis trois ans, il les réprimanda, les fit rougir de leur barbarie, et, les exhortant à suivre un conseil où il reconnaissait le doigt de Dieu: «Cette fille est sainte, leur dit-il, obéissez-lui.» Les Parisiens se laissèrent persuader et restèrent. Geneviève avait bien vu. Les bandes d'Attila, ralliées entre la Somme et la Marne, n'approchèrent point de Paris, et cette ville dut sa conservation à l'obstination courageuse d'une pauvre et simple fille. Si ses habitants se fussent alors dispersés, bien des causes auraient pu empêcher leur retour, et, selon toute apparence, la petite ville de Lutèce, réservée à de si hautes destinées, serait devenue, comme tant de cités gauloises plus importantes qu'elle, un désert dont l'herbe et les eaux recouvriraient aujourd'hui les ruines, et où l'antiquaire chercherait peut-être une trace de l'invasion d'Attila.
[Note 341: ][(retour) ] Ne urbem in qua genitæ nutritæque fuerant sub hac desperatione desererent, sed potius contra gladiorum impetum se vel viros suos jejuniis et orationibus munirent.--Quatenus possent sicut Judith et Esther super venturam eladem evadere. ibid.
[Note 342: ][(retour) ] Parisium Christo protegente salvandum. Vit. S. Genovef., 10.
[Note 343: ][(retour) ] Viros suos omnimodis admonebant... Vit. S. Gen., 11.