[Note 450: ][(retour) ] Viri porro illi cum in urbem rediissent, narravere suis, dum illum aspexissent horribili rugitu a muro prosilientem emicuisse scintillas, et fugur quoddam ex oculis viri plusquam terrigenæ... Script. rer. hung., Deseric. Callimach. Olah. Vit. Attil.
[Note 451: ][(retour) ] Georg. Pray., Annal. Vet. Hunn. Avar. et Hungar., p. 164. Not.
[Note 452: ][(retour) ] Statuas omnes quæ in urbe sunt repertæ, per mœnia, et in propugnaculis noctu disposuisse, ut interdin viderentur esse milites in stationem collocati, eaque fretos fallendi opportunitate, Aquileienses migrasse Gradum. Blond., Hist. Dec., 1, 2.--Cf. Hist. civ. Aquil.
L'exemple profita, et ce fut dans toute la Vénétie un sauve-qui-peut général[453]. Concordia, Altinum, Padoue elle-même, ouvrirent leurs portes: leurs habitants les avaient en partie désertés. De ces villes et des villes voisines, on se sauvait dans les îlots du rivage, qui formaient à marée haute un archipel inaccessible, visité seulement par les oiseaux de mer et par quelques pêcheurs misérables[454]. On dit que les Padouans se rendirent à Rivus-Altus, aujourd'hui Rialto, les émigrés de Concordia à Caprula, ceux d'Altinum aux îles Torcellus et Maurianus; Opitergium envoya les siens à Equilium; Alteste et Mons-Silicis à Philistine, Metamaucus et Clodia. D'autres invasions succédèrent à celle des Huns, d'autres ravages à ces ravages, et les fugitifs ne regagnèrent point la terre ferme; ils restèrent citoyens des lagunes, sous la garde de la mer, qui savait du moins les protéger. Du sein de ces misères naquit la belle et heureuse ville de Venise, assise sur ses soixante-douze îles; mais la reine de l'Adriatique ne sortit pas d'un seul jet de l'écume des flots, comme Vénus, à qui les poëtes l'ont si souvent comparée. Un demi-siècle après le passage d'Attila, l'archipel vénitien ne présentait encore qu'une population faible, pauvre, mais industrieuse, de pêcheurs, de marins et de sauniers. Voici en quels termes Cassiodore, au nom de Théodoric le Grand, écrivait à ces ancêtres des doges pour leur ordonner de convoyer de l'huile et du vin des ports de l'Istrie à Ravenne; ce curieux spécimen des circulaires ministérielles du Ve siècle est le plus ancien titre de noblesse des fiers patriciens de Venise:
[Note 453: ][(retour) ] Necdum Romanorum sanguine satiati, per reliquas Venetum civitates Hunni bacchabantur. Jorn., R. Get., 42.
[Note 454: ][(retour) ] Locus erat desertus cultoribusque vacuus et palustris... Constant. Porphyr., De admin. Imp., 28.--Additur littori ordo pulcherrimus insularum. Cassiod. Variar., XII, 22.--Incolebant repostas sedes marinæ tantum volucres quæ illuc apricatum ex alto se recipiebant, ac fortassis piscator aliquis sed rarus in his locis agebat. Sabellius. Hist. Venet., I, p. 14
AUX TRIBUNS DES HABITANTS DES LAGUNES.
«Nous aimons à nous représenter vos demeures qui touchent au midi Ravenne et les bouches du Pô, et qui jouissent à l'orient de l'agréable spectacle des rivages ioniens. La mer, par un mouvement alternatif, les entoure et les abandonne; tantôt elle couvre la plage, et tantôt elle la découvre. Vos maisons ressemblent à des nids d'alcyons, vos villages à des écueils faits de main d'homme, car c'est vous qui les créez, ou du moins vous en exhaussez le sol au moyen de terres apportées du continent, et que vous retenez par des claies d'osier, ne mettant que ce frêle rempart entre vous et l'effort des eaux[455]... Le poisson forme à peu près toute votre subsistance. En aucun lieu du monde, on ne voit la richesse et la pauvreté vivre sous une loi plus égale que parmi vous: même nourriture pour toutes les tables, même toit de chaume pour toutes les familles. Chez vous, le voisin ne jalouse pas les pénates du voisin, et, grâce à la commune nature de vos biens, vous échappez à l'envie, qui est un des grands fléaux d'ici-bas[456]. L'exploitation des salines fait votre travail principal; le cylindre du saunier remplace dans vos mains la charrue du laboureur et la faux du moissonneur, car le sel est votre culture et votre récolte... Or donc, radoubez sans perdre un instant ces navires que vous attachez aux boucles de vos murs comme des animaux domestiques, et lorsque le très-expérimenté Laurentius, que nous avons chargé de réunir en Istrie des provisions de vin et d'huile, vous avertira de partir, accourez tous à son appel[457].»
[Note 455: ][(retour) ] Hic vobis aliquantulum aquatilium avium more domus est... per æquora longe domicilia videntur sparsa, quæ natura non protulit, sed hominum cura fundavit; viminibus enim flexibilibus illigatis terrena illic soliditas adgregatur, et marino fluctui tam fragilis munitio non dubitatur opponi. Cassiod. Variar., XII, 22.
[Note 456: ][(retour) ] Habitatoribus autem una copia est, ut solis piscibus expleantur. Paupertas ibi cum divitibus sub æqualitate convivit, unus cibus omnes reficit, habitatio similis universos concludit, nesciunt de penatibus invidere: et sub hac mensura degentes, evadunt vitium, cui mundum constat esse obnoxium... Cassiod. Variar., XII, 22.