[Note 464: ][(retour) ] Nihil inter omnia consilia principis ac Senatus populique Romani salubrius visum est, quam ut per legatos pax trunculentissimi regis expeteretur. Prosp. Aquit., Chron. ad ann. 452.

[Note 465: ][(retour) ] Suscepit hoc negotium cum viro consulari Avieno, et viro præfectorio Trigetio, beatissimus papa Leo. Prosp. Aquit., ibid.

[Note 466: ][(retour) ] Sidon. Apollin., Epist., I, 9.

Léon, que l'Église romaine a surnommé le Grand, et l'Église grecque le Sage[467], occupait alors le siége apostolique avec un éclat de talent et une autorité de caractère qui imposaient même aux païens. Les gens lettrés le proclamaient, par un singulier abus de langage, le Cicéron de la chaire catholique, l'Homère de la théologie et l'Aristote de la foi[468]; les gens du monde appréciaient en lui ce parfait accord des qualités intellectuelles que son biographe appelle, avec un assez grand bonheur d'expression, «la santé de l'esprit[469],» savoir: une intelligence ferme, simple et toujours droite, et une rare finesse de vue, unie au don de persuader. Ces qualités avaient fait de Léon un négociateur utile dans les choses du siècle, en même temps qu'un pasteur éminent dans l'Église. Il n'était encore que diacre, lorsqu'en 440 il plut à la régente Placidie de l'envoyer dans les Gaules pour apaiser, entre Aëtius et un des grands fonctionnaires de cette préfecture nommé Albinus, une querelle naissante, qui pouvait conduire à la guerre civile et embraser tout l'Occident[470]. Léon, arrivé avec la seule recommandation de sa personne, parvint à réconcilier deux rivaux qui passaient à bon droit pour peu traitables, et pendant ce temps-là le peuple et le clergé de Rome, à qui appartenait l'élection des papes, l'élevaient à la chaire pontificale, quoiqu'il ne fût pas encore prêtre[471], tant ses vertus, dans l'estime publique, marchaient de pair avec ses talents. Depuis lors, il n'avait fait que grandir en expérience et en savoir par la pratique des affaires de l'Église, qui embrassaient un grand nombre d'intérêts séculiers. L'histoire nous le peint comme un vieillard d'une haute taille et d'une physionomie noble que sa longue chevelure blanche rendait encore plus vénérable[472]. C'était sur lui que l'empereur et le sénat comptaient principalement pour arrêter le terrible Attila. Il n'y avait pas jusqu'à son nom de Leo, lion, qui ne semblât d'un favorable augure pour cette négociation difficile, et le peuple lui appliquait comme une prophétie le verset suivant des proverbes de Salomon: «Le juste est un lion qui ne connaît ni l'hésitation ni la crainte[473]

[Note 467: ][(retour) ] Πάνσοφος. Vit. S. Leon. Magn., ap. Boll., 11 apr.

[Note 468: ][(retour) ] Sunt viri auctoritate graves... qui Leonem non vereantur appellare: Ecclesiasticæ dictionis Tullium, theologiæ Homerum, rationum fidei Aristotelem... Vit. S. Leon. Magn., ibid.

[Note 469: ][(retour) ] Tanta in Leone tamque mirabilis ingenii facilitas, tanta sanitas, tantaque præsentia... Vit. S. Leon. Mag., ap. Boll., 11 apr.

[Note 470: ][(retour) ] Prosp. Aquit., Chron., ann. 440.

[Note 471: ][(retour) ] Igitur Leo diaconus legatione publica accitus, et gaudenti patriæ præsentatus, XLIII Romanæ ecclesiæ episcopus ordinatur... Prosp. Aquit., Chron., ann. 440.

[Note 472: ][(retour) ] Senex innocuæ simplicitatis, multa canitie... Prosp. Aquit., ibid.--Lors de la translation de ses reliques on trouva que son corps avait sept palmes trois quarts de hauteur. Il était maigre et exténué.