[Note 645: ][(retour) ] Super tulbou sedentes, ritu paganismo (sic) transnataverunt. Anonym., ibid., 7.
[Note 646: ][(retour) ] Tum duces Ruthenorum hoc intelligentes, timuerunt valde, eo quod audiverunt Almum ducem filium Ugek de genere Athile regis esse, cui proavi eorum annuatim tributa persolvebant. Anonym., Gest. Hung., 8.
[Note 647: ][(retour) ] Almus, cujus adjutor erat spiritus sanctus, armis indutus, ordinata acie... Id. Gest. Hung., 6.
[Note 648: ][(retour) ] Tonsa capita Cumanorum Almi ducis milites mactabant tanquam crudas cucurbitas. Id., ibid.
Kiew ouvre ses portes, et ses principaux habitants, les mains chargées de présents inestimables viennent trouver le duc Almus dans son camp. «Que veux-tu faire dans notre pays? lui disent-ils. Vois là-bas, au soleil couchant, par-delà la forêt des Neiges, c'est l'ancien royaume d'Attila, la terre de Pannonie[649]: il n'en est pas de meilleure au monde. Des fleuves remplis de poisson, le Danube, la Theïsse, le Vag, le Maros, le Temèse, la traversent, et des ruisseaux sans nombre la fertilisent. Cette bonne terre est actuellement aux mains des Slaves, des Bulgares, des Valakes et des bergers romains qui s'en sont emparés après la mort du roi Attila. Les Romains ont dit que la Pannonie était leur pacage: ils ont bien dit, car ils font paître leurs troupeaux sans trouble sur le patrimoine des Magyars[650].» Ces paroles excitent l'impatience d'Almus; il reçoit des Russes un tribut de dix mille marcs d'or; des fourrures et de riches tapis, des chevaux harnachés d'or et des chameaux; puis il emmène leurs otages et part. Sept chefs cumans, voyant sa vaillance, lui demandent la permission de le suivre.
[Note 649: ][(retour) ] Ut ultra sylvam Ho-vos, versus occidentem in terram Pannoniæ descenderet, quæ primo Athile regis terra fuisset. Id., 9.
[Note 650: ][(retour) ] Et jure terra Pannoniæ pascua Romanorum esse dicebatur, nam et modo Romani pascuntur de bonis Hungariæ. Anonym., Gest. Hung., 9.
Il traverse le pays de Lodomer sans s'y arrêter; il entre dans la Galicie, mais il y fait halte. Partout on lui livre des otages, partout on lui offre des présents. On lui amène des bœufs harnachés pour porter son bagage: l'or d'Arabie, l'hermine, les riches vêtements remplissent ses chariots. «Pourquoi restes-tu si longtemps ici? lui dit le duc de Galicie: là-bas, derrière la forêt des Neiges, s'étend la terre de Pannonie, héritage du roi Attila. Les Romains, les Bulgares et les Slaves la possèdent: les Romains l'ont occupée jusqu'au Danube et y ont placé leurs pasteurs; les Bulgares ont pris ce qui se prolonge au delà entre le Danube et la Theïsse jusqu'aux frontières des Russes et des Polonais, et les Slaves ont usurpé le reste. Aucun pays au monde ne peut être comparé à ce bon pays; la terre y est grasse et féconde; des fleuves poissonneux l'arrosent, et d'innombrables ruisseaux le fertilisent[651].»
[Note 651: ][(retour) ] Dicebant quod terra illa nimis bona esset, et ibi confluerent nobilissimi fontes. Id., 11.
Almus crut à ces paroles, et reprit gaiement sa marche. Le duc de Galicie lui a donné deux mille archers pour le guider, et trois mille paysans armés de haches et de faux pour lui ouvrir une route dans la forêt des Neiges. Bientôt les Magyars commencent à franchir la pente des montagnes, et leurs guides les abandonnent. Ils montent toujours, et entrent dans un canton sauvage où les aigles perchent sur les rameaux des arbres, serrés comme des nuées de moucherons: à la vue des chevaux et des bœufs des Magyars, ces oiseaux s'abattent sur eux pour les dévorer[652]. Sorti de ce canton inhospitalier, Almus errait à l'aventure, quand il voit arriver des étrangers qui parlent la langue des Hongrois: ce sont les Sicules d'Erdeleu, qui, instruits par la renommée de l'approche d'un petit-fils de Chaba, sont descendus de leur plateau pour le recevoir[653]. Avec leur assistance, les Hongrois enlèvent la ville de Hung-Var, et s'établissent dans la contrée voisine: ils ont posé le pied sur la terre d'Attila pour n'en plus sortir. Magyars et Szekelyek célèbrent ce grand événement et la joie de leur réunion par un aldumas qui dure quatre jours[654]: pendant quatre jours, grands et petits s'enivrent en mangeant de la chair de cheval que les prêtres ont consacrée.