[Note 652: ][(retour) ] De arboribus tanquam muscæ, descendebant aquilæ et consumebant devorando pecora eorum et equos. Chron. Bud., p. 36, 37.--Thwrocz, ii, c. i.
[Note 653: ][(retour) ] Siculi Hunnorum residui, dum Hungaros in Pannoniam iterato cognoverunt remeasse, redeuntibus in Rutheniæ finibus occurrerunt, insimulque Pannonia conquestrata, partem in ea sunt adepti, non tamen in plano Pannoniæ, sed cum Wlakis in montibus confiniis sortem habuerunt. Sim. Kez., i, c. 3, § 6.--Omnes Siculi qui primo erant populi Athile regis... obviam pacifici venerunt. Anonym., Gest. Hung., 50.
[Note 654: ][(retour) ] Diis magnas victimas fecerunt, et convivia per quatuor dies celebraverunt. Anonym., 13.--More paganismo, occiso equo pinguissimo, magnum aldumas fecerunt. Id., 16.
La mission de l'enfant du rêve se termine ici, Almus meurt, et son fils Arpad lui succède comme duc des Magyars. Campés au sommet des Carpathes, les Magyars ne possèdent que d'âpres vallées, tandis que les grasses plaines de Dacie et de Pannonie s'étendent près de là, sous leurs pieds. Elles appartiennent au duc Swatepolc, chef des Slaves Marahunes ou Moraves, qui réside sur la rive gauche du Danube, dans une ville baignée par les eaux du fleuve. Arpad fait venir vers lui Kusid, fils de Kund, homme intelligent et rusé. «Va explorer ce pays, lui dit-il, et rapporte-moi s'il est bon et si Swatepolc est notre ami.» Kusid, fils de Kund, part aussitôt avec une bouteille vide à la main et un sac de cuir sur le dos. Il va trouver Swatepolc dans son palais et lui adresse ces paroles: «Arpad, mon seigneur, te prie de lui accorder, pour y faire paître ses troupeaux, un coin de ce pays, que son aïeul, le très-puissant roi Attila, posséda jadis tout entier.» Swatepolc, supposant que les Magyars étaient une nation de bons paysans qui désiraient cultiver sa terre et faire paître leurs troupeaux moyennant tribut[655], accueille avec joie Kusid, fils de Kund. «Eh bien! dit alors l'espion, permets-moi de puiser dans cette bouteille un peu d'eau du fleuve, et de mettre dans ce sac un peu de terre des champs avec un peu d'herbe des prés, afin que les Magyars jugent si cette terre et cette herbe sont bonnes, et si cette eau vaut celle des fleuves de leur patrie.--Fais comme il te plaira,» lui répond le Morave.
[Note 655: ][(retour) ] Putabat enim illos esse rusticos et venire ut terram ejus incolerent... Chron. Bud., p. 38.--Thwrocz, ii, c. 3.
Kusid descend vers le fleuve, remplit d'eau sa bouteille et la rebouche; il s'avance ensuite dans la plaine, prend une poignée de sable noir qu'il met dans son sac, et passe de là dans la prairie, où il en prend une autre de différentes herbes[656]; puis, chargé de ce fardeau, il regagne le chemin de la montagne. Son récit enchante Arpad et les Magyars, on se presse autour de lui, on l'accable de questions; chacun veut voir et goûter l'eau, la terre et l'herbe, que l'on déclare de bonne apparence et de bon goût. Alors Arpad, mettant de cette eau dans sa corne à boire, la verse solennellement sur la terre en prononçant par trois fois cette invocation: Dieu! Dieu! Dieu! que les Magyars répètent en chœur[657].
[Note 656: ][(retour) ] Kusid autem de aqua Danubii lagenam implens, et herbam periarum ponens in utrem et de terra nigri sabuli accipiens... Chron. Bud., p. 38.--Anonym., 14.--Thwrocz, ii, c. 3.
[Note 657: ][(retour) ] Arpad vero de aqua Danubii cornu implens... et omnes Hungari clamaverunt: Deus! Deus! Deus! Chron. Bud., ibid.--Anonym., 14.--Thwrocz, l. c.
Quelques jours après, Kusid se remet en marche par le même chemin: il est chargé d'offrir à Swatepolc, au nom d'Arpad et des Magyars, un grand cheval blanc qu'il conduit par la bride. Le frein de ce cheval est d'or, et sa selle est dorée avec de l'or d'Arabie. «Tiens, dit-il au duc des Moraves, voilà ce qu'Arpad t'envoie pour le prix de la terre que tu lui permettras d'occuper.--Qu'il en occupe tant qu'il voudra[658]!» répond Swatepolc, toujours dans l'erreur, et s'imaginant qu'on lui envoie ce cheval en signe d'hommage et de soumission. Les Magyars, apprenant sa réponse, descendent de la montagne dans la plaine; ils se répandent par tout le pays, s'emparant de la terre et des villages, non comme des hôtes ou des fermiers, mais à titre de maîtres, en vertu d'un droit héréditaire de propriété[659]. Swatepolc, à qui ces violences sont rapportées, ne sait plus que penser de la conduite de ces étrangers. Il allait leur dépêcher ses ordres, quand un nouveau messager hongrois se présente et lui dit: «Voici ce qu'Arpad et les Magyars te déclarent par ma bouche: Il ne convient pas que tu restes plus longtemps dans ce pays que tu nous as vendu, car nous avons acheté de toi la terre au prix du cheval, l'herbe au prix du frein, l'eau au prix de la selle.--Eh bien! donc, s'écria le Morave en poussant un grand éclat de rire, j'assommerai le cheval avec mon maillet, je jetterai le frein dans la prairie, et je noierai la selle dorée dans le Danube[660].--Quel mal cela fera-t-il à mon maître? reprit tranquillement l'envoyé. Si tu tues le cheval, ses chiens rencontreront le cadavre et en feront leur curée; si tu jettes le frein dans la prairie, ses faucheurs le trouveront et le lui remettront; si tu noies la selle dans le Danube, ses pêcheurs la retireront de l'eau, la feront sécher sur la rive et la reporteront à sa maison. Qui possède la terre, l'herbe et l'eau possède tout[661].»
[Note 658: ][(retour) ] Habeant quantumcumque volunt... Chron. B. Ibid.--Thwrocz, ub. sup.