[Note 276: ][(retour) ] Se velle potius mon quam ita vivere. Annal. Loisel., eod. ann.
[Note 277: ][(retour) ] Confessus se super vita regis consiliasse. Annal. Bertinian., eod. ann.--Eginh., Annal. ann. cit.
Tel était l'état des choses dans l'Europe occidentale et celui des esprits, quand Charlemagne, en 782, convoqua à Paderborn, près des sources de la Lippe, une diète de ses vassaux d'outre-Rhin. L'Allemagne était dans une assez grande fermentation; de sourdes rumeurs couraient sur la réapparition de Witikind en Saxonie, et sur les préparatifs cachés des Westphaliens; on s'attendait à une reprise d'armes pour la saison d'été qui allait s'ouvrir. Mais contre toute prévision la diète fut nombreuse et pacifique; aucun des chefs saxons n'y manqua, Witikind excepté[278], et ils n'eurent pour le roi des Franks que des protestations de fidélité et de respect. Sigefrid lui-même, ce roi de Danemark, qui donnait ordinairement asile dans ses États à Witikind fugitif, envoya ses ambassadeurs à la diète, où leur présence ne causa pas un médiocre étonnement[279]. La surprise fut plus grande encore lorsqu'on vit arriver les ambassadeurs d'un peuple qui n'avait jamais paru aux plaids des Franks, et qu'au costume de ses représentants, à leurs armes, à leurs cheveux tressés, tombant en longues nattes le long de leur dos, on reconnut être le peuple des Huns[280]. Ces hommes venaient au nom du kha-kan et du jugurre ou ouïgour, leurs deux magistrats suprêmes, entretenir le roi Charles des différends qui avaient existé et existaient toujours entre eux et les Bavarois sur la fixation de leur frontière occidentale. C'était là l'objet ostensible de leur mission. Suivant toute vraisemblance, ils en avaient un autre secret; ils venaient, comme les envoyés du roi Sigefrid, observer ce qui se passerait à la diète, sonder le terrain et se concerter, s'il le fallait, pour quelque alliance avec les ennemis des Franks; ce qui est certain, c'est que leur liaison politique avec la Bavière data de cette époque. Ils exposèrent en public leurs droits ou leurs prétentions à la frontière de l'Ens: «Charles, disent les historiens, les écouta avec bonté, leur répondit prudemment, et les congédia[281].»
[Note 278: ][(retour) ] Ibi Saxones convenientes, excepto Witikindo. Annal. Franc...--Omnes Saxones, excepto rebelli Witikindo... Annal. Bertinian., ann. 788.
[Note 279: ][(retour) ] Legatos Sigefridi regis Danorum... Eginh., Vit. Carol. Mag., ad. ann. 782.--Annal. Franc., ub. sup.--Poet. Sax., ii, Indict., 4.
[Note 280: ][(retour) ] Etiam et missi a Chagano et Vigurro... Annal. Franc., ad. ann. 782.--Quos Chaganus et Jugurrus principes Hunnorum miserunt. Eginh. Vit. Carol. M.--Auct. incert., Vit. Carol. M., ann. 781.--Annal. Bertin., ann. 782.
Et quos Jugurgus pariterque Chaganus ad ipsum
Hunnorum misere duces......
Poet. Sax. ii, ann. 782.
[Note 281: ][(retour) ] Audivit et solvit. Eginh., Vit. Carol. Magn.
Audiit; absolvitque datis prudenter eisdem
Responsis...