[Note 390: ][(retour) ] Itaque ad Chaganum Chazariæ profectus Lebedias interrogavit, quæ vocandi ipsius causa esset; cui Chaganus: ideo se eum vocasse, ut, quando quidem nobilis, prudens, strenuus, primusque Turcorum esset, gentis suæ principem faceret, eo pacto, ut sibi subesset. Id. ibid.
[Note 391: ][(retour) ] At ille respondit: Quando tali principatui non sufficio, parere non possum, sed est alter a me Boëbodus Almutzes nomine qui et filium habet Arpadem nuncupatum; horum sive Almutzes, sive filius Arpades princeps fiat, tibique subjiciatur. Constant. Porphyr., De Admin. Imp., 40.
[Note 392: ][(retour) ] Visum potius fuit, Arpadem digniorem tali principatui parem... quem Chazarorum more in scuto erectum principem fecerunt. Id. ub. sup.
Le produit de leurs troupeaux, surtout la chasse et la pêche, offraient aux Hunugars, dans l'Atel-Cusu, une nourriture abondante, mais leurs bras habitués à la guerre n'étaient pas faits pour s'engourdir dans l'oisiveté. Ils cherchèrent des aventures autour d'eux, et en rencontrèrent aisément. Ils avaient pour voisins de l'autre côté du Danube, dans cet angle du fleuve qui les limitait à l'est et au sud, la nation des Bulgares, rendue insolente par la chute des Avars, à laquelle elle se vantait d'avoir coopéré, et par les tentatives de son roi Crumn sur Constantinople qu'il avait failli enlever d'assaut; ces deux circonstances avaient tellement enflé l'orgueil des Bulgares que leurs rois ne parlaient plus aux empereurs romains, que du ton dont on parle à des égaux qui seraient au besoin vos inférieurs. Le roi qui les gouvernait en 888, et se nommait Siméon, ayant eu à se plaindre de quelques taxes assises sur les marchands et les marchandises bulgares, éclata en injures contre l'empereur qui était alors Léon le Sage; et de la menace passant à l'effet, il se jeta sur la Macédoine qu'il saccagea. Léon voulut l'arrêter, mais son armée fut battue; ses Grecs se débandèrent, et ses auxiliaires khazars furent presque tous tués ou pris. Siméon, en vrai barbare, fit couper le nez à ceux qui tombèrent vivants entre ses mains, et dans cet état il les renvoya à l'empereur[393]. Justement irrité, Léon fit appel aux Hunugars qui se tenaient de l'autre côté du Danube, spectateurs impatients de cette lutte[394]: et ceux-ci y répondirent avec d'autant plus d'empressement, qu'ils étaient eux-mêmes amis et vassaux de cette nation khazare dont Siméon traitait si cruellement les prisonniers. Ils passèrent donc le fleuve avec une partie de leurs forces et assaillirent à dos les Bulgares, tandis que l'empereur, avec les troupes qu'il avait pu rallier, les assaillait de front. La Bulgarie essuya à son tour d'affreux ravages[395]; Siméon fut vaincu, pourchassé de ville en ville et obligé de se cacher pour sauver sa vie. Du fond de son asile, il s'adressa aux Petchénègues, les sollicitant par argent et par prières d'accourir à son aide, et de tomber sur l'Atel-Cusu, tandis que les Hunugars étaient occupés à la destruction de son royaume. Ainsi firent les Petchénègues, et ils traitèrent le campement de l'Atel-Cusu comme Arpad traitait la Bulgarie[396]. Les Bulgares se soulevant alors et Siméon sortant de sa retraite, tout fut en combustion sur les bords du Danube; et Arpad, ne sachant plus que devenir, alla se retrancher avec sa horde, et tout ce qui put échapper à la main des Petchénègues, dans les hautes vallées de la Transylvanie où il attendit que de nouveaux événements vinssent relever sa fortune et rendre une patrie à sa nation[397]: il n'attendit pas longtemps.
[Note 393: ][(retour) ] Ex Chazaris qui auxiliares Leoni advenerant, comprehensi, naribus præcisis, in contumeliam Romanorum... Leo Gramm., ad ann. 3 Leon. Imp.
[Note 394: ][(retour) ] Imperator iratus Turcos Istrum accolentes, qui et Hungari vocantur, muneribus impulit, ut Bulgaros ulciscerentur. Zonar., ann. 889.--Leo Gramm., ub. sup.
[Note 395: ][(retour) ] Totam Bulgariam captivam fecere. Leo Gramm., loc. laud.
[Note 396: ][(retour) ] Contra eos Patzinacitæ, cum Simeone profecti, familias ipsorum omnino perdiderunt, hinc misere pulsis qui ad regionis istius custodiam relicti erant. Constant. Porphyr., De Admin. Imp., 40.
[Note 397: ][(retour) ] Turci regionem suam desertam vastatamque invenientes, in ea terra quam ad hodiernum usque diem incolunt, sedes posuerunt, in ea nimirum regione. Constant. Porphyr., ibid.
L'année 888, celle-là même où l'empire khazar avait été dépouillé d'une partie de son territoire par les Petchénègues, vit éclater dans son sein une terrible guerre civile, qui eut pour résultat l'expulsion de huit tribus de ce peuple, contre lesquelles le sort des armes avait prononcé. Ces huit tribus portaient la dénomination fédérale de Kabars, qui signifiait peut-être enfants de Caba ou de Chaba, personnage important des traditions hongroises, où il est supposé fils d'Attila et de la princesse romaine Honoria[398]; dans le nombre figurait la tribu des Mégers, appelés Mogers par la tradition, et dont le nom présente la forme primitive et historique du nom actuel de Magyars. Les émigrants, chassés probablement du côté de l'Europe, n'avaient rien de mieux à faire que d'aller rejoindre leurs anciens vassaux, les Hunugars, entre le Sereth et le Danube, et de se joindre à eux amicalement. Ils descendirent en conséquence la rive occidentale de la mer Noire; mais apprenant la déconvenue de ceux qu'ils allaient chercher et la retraite du duc Arpad dans les montagnes d'Erdeleu, ils prirent leur route par les plaines des Slaves et entrèrent dans la Transylvanie du côté du Nord. Ils y firent leur jonction avec les hordes d'Arpad, composées primitivement aussi de huit tribus, mais maintenant décimées et réduites presque à néant.