[Note 403: ][(retour) ] Vitam herbis et pomis quæ sylva ferebat sustinens, rebus divinis assiduo vacabat. Timon., Imag. antiq. Hungar., iii, p. 3.

[Note 404: ][(retour) ] Nec nisi ante extremum diem quis esset, se illis prodidit. Dubrav., Hist. Boïemic., t. iv.

[Note 405: ][(retour) ] Regem Moraviæ Suatoplugum in medio regni sui sepultum jacere. Id. ibid.

Quand les Hongrois eurent touché la somme convenue, ils rentrèrent chez eux; et Arnulf, qui voulait bien l'abaissement mais non l'extermination des Moraves, laissa les deux fils de Swatepolc gouverner, comme ils pourraient, leur royaume ébranlé. Ces deux princes dont l'aîné se nommait Moymir et le second Swatepolc, comme son père, s'étaient montrés ennemis dès l'enfance[406]: leurs discordes avaient rempli d'amertume le règne du dernier roi. S'il est vrai, que pour leur mieux faire comprendre les malheurs qu'une telle mésintelligence pouvait causer au royaume et à eux-mêmes, Swatepolc avait inventé l'apologue fameux des baguettes qu'on brise aisément quand elles sont isolées, et qui, réunies en faisceaux, résistent aux plus grands efforts[407], ses fils profitèrent bien peu de la leçon, car à peine eut-il disparu, qu'ils commencèrent à se disputer avec plus d'acharnement que jamais. La division gagna la cour, puis le peuple; on en vint aux mains, et Moymir expulsa son frère puîné de la Moravie[408].

[Note 406: ][(retour) ] Inter duos fratres, Moymirum scilicet et Zentobolchum dissensio exorta est. Continuat. Annal. Fuld., ad. ann. 898.

[Note 407: ][(retour) ] Constant. Porphyr., De Admin. Imp., 41.

[Note 408: ][(retour) ] Post Zphendoploci mortem, anno uno in pace exacto, orto dissidio et bello civili... Constant. Porphyr., De Adm. Imp., 41.--Inter eorum populum dissensio oritur, ita etiam ut si uter alterum comprehendere valeret... Continuat. Ann. Fuldens. ad. ann. 898.

Cependant les Hongrois, du haut de leur campement d'Erdeleu, suivaient de l'œil avec une curiosité intéressée le progrès de cette lutte[409], et quand ils crurent le moment venu, ils descendirent dans les plaines de la Theïsse, sans être cette fois appelés par Arnulf, mais sans que celui-ci pourtant osât s'y opposer. Ils battirent les Moraves commandés par Moymir; et une fois maîtres d'un coin de terre dans ce pays, patrimoine des anciens Huns, les nouveaux Huns y développèrent rapidement leur domination. Çà et là se trouvaient disséminés sur la surface du territoire des groupes de population avare qui ne durent point rester indifférents à l'arrivée d'un peuple rapproché d'eux par l'origine et le langage. La part que ces fils des sujets de Tudun purent prendre aux succès des Hongrois, contre les Slaves leurs mortels ennemis, ne nous est point expliquée nettement par l'histoire, mais la tradition affirme que, soit en Transylvanie, soit ailleurs, leur coopération fut celle de frères qui retrouvent des frères, d'opprimés qui assistent leurs libérateurs[410]. Tandis que les Hongrois; conquérant pied à pied l'ancien royaume d'Attila et de Baïan, y fondaient un troisième empire hunnique, Arnulf, emporté par son esprit à la fois opiniâtre et capricieux, courait en Italie les plus étranges aventures. S'étant décidé à enlever de force cette dignité impériale que le pape lui marchandait et que les Italiens lui refusaient, il avait pris Rome d'assaut; et, dans l'année 896, ce bâtard d'un petit-fils de Charlemagne plaçait sur sa tête, au milieu des cris de détresse des Romains, la couronne qu'un siècle auparavant Charlemagne avait reçue au milieu de leurs bénédictions.

[Note 409: ][(retour) ] Hungari interim observato exitu, contemplatique regionem, cordibus malum quod postmodum in propatulo apparuit, machinabantur. Luitprand., I, 5.

[Note 410: ][(retour) ] Voir plus bas les traditions hongroises.