Note 618: Pausan. l. I, p. 23.—Plutarch. in Pyrrho. p. 400.
Pyrrhus avait de vieux griefs contre le roi de Macédoine, Antigone, surnommé Gonatas[619]; il entreprit de le détrôner, et vint le combattre au cœur de ses états. Mais Antigone avait aussi ses Gaulois à opposer aux Gaulois de son rival; eux seuls retardèrent sa défaite, et tandis que les troupes macédoniennes fuyaient ou passaient aux Épirotes, ils se firent tuer jusqu'au dernier[620]. Dans cette victoire qui lui livrait tout le nord de la Grèce, la circonstance qu'elle avait été remportée sur des Gaulois, ne fut pas ce qui flatta le moins Pyrrhus. «Pour se faire gloire et honneur, dit son biographe, il voulut que les dépouilles choisies de ces braves fussent ramassées et suspendues aux murs du temple de Minerve Itonide, avec une inscription en vers» dont voici le sens: «A Minerve Itonide le Molosse Pyrrhus a consacré ces boucliers des fiers Gaulois, après avoir détruit l'armée entière d'Antigone. Qui s'étonnerait de ces exploits? Les Éacides sont encore aujourd'hui ce qu'ils furent jadis, les plus vaillans des hommes.[621]»
Note 619: Pausan. Attic. p. 22.—Justin. l. XXV.
Note 620: Τούτων οί μέν πλεϊστοι κατεκόπησαν. Plut. in Pyrrho. p. 400.
Note 621:
Τούς θυρεούς ό Μολοσσός Ίτωνίδι δώρον Άθάνα
Πύρρος άπό θρασέων έκρέμασεν Γαλατάν,
Πάντα τόν Άντιγόνου καθελών στρατόν ού μέγα θαΰμα
Αίχμηταί καί νΰν καί πάρος Αίακίδαι.
Plutarch. in Pyrrho. p. 400.—Pausan. Attic p. 22. Le temple de
Minerve-Itonide était situé dans la Thessalie, entre Phéras et
Larisse.
Cette victoire ayant mis Pyrrhus en possession de presque toute la Macédoine, il distribua des garnisons dans les principales villes: Égées, ancienne capitale du royaume, et lieu de sépulture de ses rois, reçut une division gauloise. C'était un antique usage, que les monarques macédoniens fussent ensevelis dans de riches étoffes, et des objets d'un grand prix étaient déposés près d'eux dans leurs tombes. Toujours avides de pillage, les Gaulois violèrent ces sépultures, et, après les avoir dépouillées, ils jetèrent au vent les ossemens des rois[622]. Un tel attentat, inoui dans les annales de la Grèce, excita une indignation générale; amis et ennemis de Pyrrhus, tous réclamèrent avec chaleur un sévère châtiment pour les coupables. Mais Pyrrhus s'en mit fort peu en peine, soit que des affaires qu'il jugeait plus importantes l'absorbassent tout entier, soit qu'il craignît de mécontenter ses auxiliaires par des recherches qui le mettraient dans la nécessité d'en punir un grand nombre. Cette indifférence passa pour complicité, aux yeux des Hellènes, et jeta sur le roi épirote une défaveur marquée[623].
Note 622: Οί Γαλάται, γένος άπληστότατον χρημάτων όντες, έπέθεντο τών βασιλέων αύτόθι κεκηδευμένων τούς τάφους όρύττειν, καί τά μέν χρήματα διήρπασαν, τά δέ όστά πρός ϋβριν διέρριψαν. Plutarch. in Pyrrho. p. 400.—Diodor Sicul. excerpt. à Valesio ed. p. 266.
Note 623: Plutarch. in Pyrrho. ubi supr.—Diodor. Sicul. excerpt. l. c.