Note 635: Diodor. Sicul. p. 875.—Fronton, ub supr.
Note 636: Fidelissimum dispensatorem ad Otacilium consulem misit, qui tanquam rationibus interversis transfugisset, nunciavit nocte proximâ Gallorum quatuor millia, quæ prædatum forent missa, posse excipi…. ipsi omnes interfecti sunt. Fronton. Stratagem. l. III, c. 16. —Diodor. Sic. p. 875.
Cependant, le mécontentement croissant avec la misère et les traitemens rigoureux des chefs carthaginois, les Transalpins se mirent à déserter de toutes parts, et il ne s'écoulait pas de jour que quelque détachement ne passât au camp ennemi. Les Romains les accueillaient avec empressement et les incorporaient à leurs troupes[637]: ce furent, dit-on, les premiers étrangers admis dans les armées romaines en qualité de stipendiés[638]. Il n'est pas de moyens que les généraux carthaginois ne missent en œuvre pour réprimer ces désertions; un historien affirme qu'ils firent mourir sur la croix plus de trois mille Gaulois[639] coupables ou seulement suspects de complots de ce genre: enfin Amilcar, qui remplaçait Hannon au gouvernement de la Sicile, s'avisa d'un stratagème qui, pour quelque temps du moins, en suspendit le cours. Il s'était attaché depuis plusieurs années, par ses largesses et sa bienveillance particulière, un corps de Gaulois qui lui avaient donné des preuves multipliées de dévouement; il leur commanda de se présenter aux avant-postes romains, comme s'ils eussent voulu déserter, de demander, suivant l'usage, une entrevue avec quelques officiers pour traiter des conditions, et de tuer ces officiers ou de les amener captifs dans son camp[640]. L'ordre d'Amilcar fut exécuté de point en point, et cette perfidie rendit les désertions dès-lors plus difficiles, en inspirant aux Romains beaucoup de méfiance.
Note 637: Fronton. Stratagem. ub. sup.
Note 638: Zonar. l. VIII, p. 198.
Note 639: Appian. Alexandr. Excerpt. ap. Fulv. Ursin. p. 356.
Note 640: Romanos excipiendorum causâ eorum progressos ceciderunt.
Fronton. Stratagem. l. III, c. 16.
Sur une montagne qui domine la pointe occidentale de l'île, était située la ville d'Éryx, forte et par son assiette, et par ses ouvrages de défense. Les Romains en avaient entrepris le siège, presque sans probabilité de succès. Éryx était alors célèbre par un temple de Vénus, le plus riche de tout le pays. Cette richesse alluma la convoitise des Gaulois qui faisaient partie de la garnison; mais le reste des troupes et les habitans avaient l'œil sur eux et les contenaient. Voyant qu'ils ne parviendraient pas aisément à leur but, ils désertèrent une nuit, et passèrent dans le camp des Romains, auxquels ils fournirent les moyens de se rendre maîtres de la place. Ils y rentrèrent aussi avec eux, et, dans le premier moment de trouble, ils pillèrent de fond en comble le trésor de Vénus Érycine[641]. Sur un autre point de la Sicile, l'intempérance d'une autre bande gauloise fit perdre aux Carthaginois vingt mille hommes et soixante éléphans[642].
Note 641: Ηύτομόλησαν πρός τούς πολεμίους, παρ΄ οΐς πιστευθέντες, πάλιν έσύλησαν τό τής Άφροδίτης τής Έρυκινής ίερόν… Polyb. l. II, p. 95.
Note 642: Diodor. Sicul. l. XXIII, eccl. 12, p. 879.