Note 685: Τούτους δ' έταξαν έπί τών όρων τής Γαλατίας, ώς άν
έμβαλόντες είς τήν τών Βοιών χώραν, άντιπερισπῶσι τούς έξεληλυθότας.
Polyb. l. II, p. 112.—Diod. Sicul. l. XXV, ecl. 3.—Tit. Liv. epit.
XX.—Plutarch. in Marcello, p. 299.—Paul. Oros. l. IV, c. 13.
ANNEE 225 avant J.-C.
En mettant le pied sur le territoire ennemi, les rois de l'armée gauloise, Concolitan, Anéroëste et Britomar, jurèrent solennellement, à la tête de leurs troupes, et firent jurer à leurs soldats, «qu'ils ne détacheraient pas leurs baudriers, avant d'être montés au Capitole»; et ils prirent à grandes journées la route de Rome[686]. Les ravages qu'ils exercèrent sur leur passage furent terribles; ils emportaient jusqu'aux meubles des maisons; ils traînaient après eux les troupeaux, et la population garottée, qu'ils faisaient marcher sous le fouet. Rien ne les arrêtait, parce que l'armée romaine d'Étrurie les attendait encore aux passages septentrionaux de l'Apennin, quand déjà ils avaient pénétré au cœur de la province. Ils n'étaient plus qu'à trois journées de Rome, lorsqu'ils apprirent que le préteur, averti enfin, les suivait à marche forcée. Craignant de se laisser enfermer entre cette armée et la ville, ils firent volte-face, et s'avancèrent à leur tour au-devant du préteur. L'ayant rencontré entre Arrétium et Fésules, vers le coucher du soleil, ils campèrent, séparés de lui seulement par un intervalle étroit. Dès que la nuit fut venue, ils allumèrent des feux, comme pour bivouaquer, mais tout-à-coup ils se retirèrent dans le plus grand silence, avec toute leur infanterie, et transportèrent leur camp près de Fésules, ordonnant à la cavalerie de rester en présence de l'ennemi jusqu'au point du jour, et de se diriger alors aussi vers Fésules en se faisant poursuivre par les Romains. Le stratagème eut un plein succès. Au lever du soleil, les Romains, n'apercevant plus l'infanterie gauloise, attribuèrent sa retraite à la peur, et attaquèrent la cavalerie qui se mit à fuir, en les attirant du côté de Fésules; l'infanterie se montra alors et tomba sur eux à l'improviste. La confiance et le nombre étaient pour les Gaulois; ils accablèrent l'armée romaine, et lui tuèrent six mille hommes. Le reste s'étant rallié et retranché sur une hauteur voisine, les Gaulois songèrent d'abord à l'y forcer; mais comme eux-mêmes étaient accablés de fatigue, à cause de la marche de la nuit, ils se contentèrent de placer en observation une partie de leur cavalerie, et allèrent prendre du repos[687].
Note 686: Non priùs soluturos se baltea, quàm Capitolium ascendissent, juraverunt. Flor. l. II, c. 4.
Note 687: Polyb. l. II, p. 113, 114.—Diodor. Sicul. eclog. 3, l. XXV
Cependant le consul Æmilius, averti des mouvemens des Gaulois, avait passé précipitamment l'Apennin; fort à propos, il arriva près de Fésules, dans la nuit qui suivit ce combat, et dressa son camp non loin de la colline où les légions du préteur s'étaient retranchées. A la vue des feux allumés dans le camp du consul, elles devinèrent ce que c'était, et reprirent courage; elles parvinrent même à communiquer avec lui, par le moyen d'une forêt qui longeait le pied de la colline, et dont la cavalerie gauloise interceptait mal les avenues. Le consul promit au préteur de le débloquer dès le point du jour; il passa la nuit en préparatifs de combat; et le soleil était à peine levé qu'il partit à la tête de sa cavalerie, tandis que l'infanterie le suivait en bon ordre.
Mais les Gaulois aussi avaient remarqué les feux du consul, et conjecturé ce que ces feux signifiaient: ils avaient tenu conseil. Anéroëste leur avait remontré «que, possesseurs d'un aussi riche butin, ils ne devaient pas s'exposer au hasard d'une bataille qui pouvait le leur enlever tout entier; qu'il valait beaucoup mieux retourner sur les rives du Pô, y mettre ce butin en sûreté, et revenir ensuite se mesurer avec les Romains; que la guerre en serait plus facile et moins chanceuse[688].» La plupart des chefs se rangèrent à cet avis; et, tandis que l'armée d'Æmilius se portait vers la colline pour faire sa jonction avec le préteur, par un mouvement contraire, l'armée gauloise se dirigea vers la mer pour gagner de là la Ligurie.
Note 688: Οΐς Άνηροέστης ό βασιλεύς γνώμην είσέφερε λέγων, ότι δεΐ τοσαύτης λείας έγκρατείς γεγονότας (ήν γάρ,ώς έοικε, καί τό τών σωμάτων πλήθος καί θρεμμάτων, έτι δέ τής άποσκευής ής είχον, άμύθητον). Διόπερ έφη μή δεϊν κινδυνεύειν έτι, μηδέ παραβάλλεσθαι τοϊς όλοις…. Polyb. l. II, p. 114.
Après avoir rallié les troupes du préteur, Æmilius poursuivit les Gaulois, qu'il atteignit bientôt, parce que la multitude des captifs, les troupeaux et les bagages de tout genre qu'ils traînaient avec eux, embarrassaient leur marche. Ils éludèrent avec soin une action décisive, que d'ailleurs le consul ne désirait pas très-vivement; il se contenta de les harceler, épiant l'occasion de les surprendre et de leur enlever quelque portion de leur butin. Les marches et les contre-marches auxquelles la poursuite du consul les obligeait, les firent dévier de la direction qu'ils s'étaient proposée, et les jetèrent fort avant vers le midi de l'Étrurie. Ils n'atteignirent guère le littoral, qu'à la hauteur du cap Télamone[689].
Note 689: Polyb. l. II, p. 114, 115.