Note 34: Diod. Sieul. l. V, p. 309.—Appian. bell. Hisp. p. 256.
—Lucan. Phars. l. IV, v. 9.
Note 35: Hérodot. l. II, p. 118; l. IV, p. 303, edit. Amstel. 1763.
—Polyb, ap. Strab. l. III.—Varro ap. Plin. l. III, c. 3.
Note 36: Le pays était nommé Gallæcia, Gallaicia, aujourd'hui Gallice. Plin. l. IV.—Mel. l. III, c. 1.—Strab. loc. cit.—V. ci-dessous, part. I, c. 1, p. 6-9.
Quant à l'assertion de César que les Galls «s'appelaient Celtes dans leur propre langue,» il est possible que le conquérant qui s'occupait beaucoup plus de battre les Gaulois que de les étudier, trouvant qu'en effet le mot Celte était gallique, et reconnu des Galls pour une de leurs dénominations nationales, sans plus chercher, ait conclu à la synonymie complète des deux noms. Il se peut encore que les Galls de l'est et du centre eussent adopté dans leurs rapports de commerce et de politique avec les Grecs un nom sous lequel ceux-ci avaient l'habitude de les désigner; ainsi que nous voyons de nos jours les tribus indigènes de l'Amérique et de l'Afrique accepter, en de semblables circonstances, des noms inexacts, ou qui leur sont même tout-à-fait étrangers.
Il me semble résulter de ce qui précède: 1º que le mot Celte avait chez les Galls une acception bornée et locale; 2º que la confédération des tribus dites celtique habitait en partie parmi les Ligures, en partie entre les Cévennes et la Garonne, le plateau Arverne et l'Océan; 3º que c'est à tort, mais par une erreur facile à comprendre, que ce mot est devenu chez les Grecs synonyme de gaulois et d'occidental; chez les Romains synonyme de Gall; 4º que la confédération celtique paraît s'être épuisée dans la conquête de l'Espagne, ne jouant plus aucun rôle dans deux invasions successives de l'Italie.
J'ai avancé plus haut que le mot Celtes, signifiant hommes ou tribus des forêts, et appliqué à une confédération de tribus galliques, n'avait rien d'étrange, si on le compare aux dénominations des autres ligues de la même race; et j'ai parlé d'un système général de nomenclature suivi à cet égard par les Galls; je dois à mes lecteurs quelques explications.
Les Germains, comme tout le monde sait, prenaient pour base de leurs divisions de territoire les grandes divisions célestes: partout où ils se fixaient à demeure, ils établissaient soit des ligues soit des royaumes de l'est, de l'ouest, du nord, du sud-est, etc. Les Galls au contraire se réglaient sur les divisions physiques du sol: la mer, les montagnes, les plaines, les forêts déterminaient leurs provinces, et entraient dans les dénominations de leurs ligues. Partout où cette race voyageuse a porté ses pas, les mots d'Alpes, hautes montagnes, d'Albanie, région des montagnes, de penn et apenn, pics, cenn, sommets, tor, élevé, etc., et les noms d'habitation en dunn qui indique une hauteur, mag qui indique une plaine, dur et av qui indiquent de l'eau, y révèlent son passage. En voici des exemples.
L'Écosse était divisée dès la plus haute antiquité en Albanie, région des montagnes, Maïatie (Mag-aìte), région des plaines, et Calédonie ou plutôt Celtique[37], région des forêts, et trois ligues de tribus portaient des noms correspondans. La même division subsiste encore aujourd'hui, mais les immenses forêts Grampiennes ayant disparu en grande partie, il ne reste plus que l'Albainn et le Mag-thir.
Note 37: Le mot Caledonia, sous lequel les Romains désignaient la région des forêts Grampiennes, est emprunté au kymric Calyddon, forêt, qui correspond au gallic Ceilte et Ceiltean. Les Bretons insulaires, au milieu desquels vivaient les Romains, étant de race kymrique, traduisaient de cette manière le nom géographique Ceilte et les Romains le prirent d'eux ainsi altéré.
La haute Italie fut conquise une première fois par les Galls sous le nom militaire d'Ombres; et nous trouvons dans l'ancienne géographie de la presqu'île ces trois divisions de l'Ombrie: Oll-Ombrie, haute Ombrie, Is-Ombrie, basse Ombrie, et Vil-Ombrie, Ombrie littorale.