La Gaule offre une multitude d'exemples de ces divisions et de leurs noms donnés à des ligues de peuples: devant y revenir souvent dans le cours de mon ouvrage, je ne citerai ici que quelques-uns des principaux.
Les nations du littoral de l'Océan forment une ligue sous le nom d'Armorikes, maritimes: ar, sur; muir, moir, la mer.
Le grand plateau de l'Auvergne, l'Arvernie ou la haute habitation (Ar, all, haut; fearann, verann, pays habité), renferme la ligue célèbre des tribus Arvernes.
La ligue nombreuse des peuples des Alpes, comprend, sous la dénomination collective de nations Alpines, les subdivisions suivantes: 1º tribus Pennines ou des pics, habitant le grand Saint-Bernard et les vallées environnantes; 2º tribus Craighes ou des rocs (Craig, roc); on sait que le petit Saint-Bernard et les monts voisins portaient autrefois le nom d'Alpes Craïæ, ou Cræcæ; 3º Allobroges ou tribus des hauts villages (all, haut; bruig, village; bru et bro, lieu), etc.
Il ne serait donc point étonnant que les Cévennes et les fertiles campagnes du haut Languedoc et de la Guienne eussent été le séjour d'une confédération de tribus des forêts, se subdivisant suivant la localité en Celtes de la plaine et en Celtors ou Celtes de la montagne.
4º Belges.
César affirme que les Belges différaient des Galls par leur langue, leurs mœurs et leurs institutions[38]; Strabon le répète après lui[39]. César ajoute que plusieurs des tribus belges étaient issues des Germains, et en effet, de son temps, les invasions germaniques en Gaule avaient déjà commencé: ces tribus, il les nomme; elles sont peu nombreuses, restreintes à quelques cantons riverains du Rhin, et comprises sous la dénomination collective de Germains cis-rhénans[40]; mais cette exception même prouve que la masse des peuples belges était étrangère à la race teutonique.
Note 38: Cæs. bell. Gall. l. I, c. 1.
Note 39: Strab. l. IV, p. 176.
Note 40: Condrusi, Pæmani, Cæræsi qui uno nomine Germani appellantur.
Cæs. bell. Gall. l. II, c. 4.—Segni Condrusique ex gente et numero
Germanorum qui sunt… citrà Rhenum. Id. l. VI, c. 38.