Note 708: Idem. p. 120, 121.
Note 709: Polyb. l. II, p. 121.—Plutarch. in Marcell. p. 300.
—Flor. l. II, c. 4.—Paul. Oros. l. IV, c. 13.—Fast. Capitol.
ANNEE 222 avant J.-C.
Les Insubres mirent à profit le repos de l'hiver, en fortifiant leurs villes, et en faisant venir des auxiliaires Transalpins; le roi Virdumar[710] leur amena trente mille Gésates. Aussitôt que la saison le permit, les consuls passèrent le Pô, et vinrent assiéger Acerres, bourg situé au confluent de l'Adda et de l'Humatia. Les Insubres ne s'étaient point attendus que les hostilités commenceraient de ce côté; de sorte que les assiégeans eurent tout le temps de se retrancher dans une position imprenable, où l'armée Insubrienne n'osa pas les attaquer. Pour les attirer sur un terrein plus égal, Virdumar, prenant avec lui dix mille de ses Gésates, presque tous cavaliers, traversa le Pô, et tomba sur le territoire des Anamans, qui, cette fois, comme dans la précédente campagne, avaient livré passage aux consuls; leurs terres furent saccagées pendant plusieurs lieues d'étendue; et Virdumar enfin investit Clastidium, que les Anamans avaient cédée à la république, et dont celle-ci avait fait une place d'armes. Cette diversion obligea les Romains de diviser aussi leurs forces. Scipion fut laissé devant Acerres, avec le tiers de la cavalerie et la presque totalité de l'infanterie. Marcellus, à la tête de la cavalerie restante et de six cents hommes d'infanterie légère, se porta sur Clastidium à marches forcées. Les Gaulois ne lui laissèrent pas le temps de se reposer; voyant le petit nombre de ses fantassins, et ne tenant pas grand compte de sa cavalerie, «parce que, dit un historien, habiles cavaliers eux-mêmes, ils se croyaient la supériorité de l'adresse, comme ils avaient celle du nombre[711]»; ils voulurent en venir aux mains sur-le-champ.
Note 710: Feardha-mar, brave et grand. On trouve en latin ce nom sous les deux formes: Virdumarus et Viridomarus.
Note 711: Κράτιστοι γάρ όντες ίππομαχεϊν, καί μάλιστα τούτψ διαφέρειν δοκοϋντες, τότε καί πλήθει πολύ τόν Μάρκελλον ύπερέβαλλον. Plutarch. in Marcell. p. 300.
Marcellus craignait d'être débordé, à cause de son peu de troupes; il étendit le plus qu'il put ses ailes de cavalerie, jusqu'à ce qu'elles présentassent un front à peu près égal à celui de l'ennemi. Pendant ces évolutions, son cheval, effrayé par les cris et les gestes menaçans des Gaulois, tourna bride brusquement, et emporta le consul malgré lui. Dans une armée aussi superstitieuse que l'armée romaine, un tel accident pouvait être pris à mauvais présage, et glacer la confiance du soldat; Marcellus s'en tira avec une présence d'esprit remarquable. Comme si ce mouvement eût été volontaire, il fit achever à son cheval le cercle commencé, et revenant sur lui-même, il adora le soleil[712]; car c'était là, chez les Romains, une des cérémonies de l'adoration des dieux. Il voua aussi solennellement à Jupiter Feretrius[713] les plus belles armes qui seraient conquises sur l'ennemi. Au moment où il faisait ce vœu, Virdumar, placé au front de la ligne gauloise, l'aperçut; jugeant, par le manteau écarlate et par les autres signes distinctifs du commandement suprême, que c'était le consul, il poussa son cheval dans l'intervalle des deux armées, et brandissant un gais long et pesant, il le provoqua au combat singulier. «Ce roi, dit le biographe de Marcellus, était de haute stature, dépassant même tous les autres Gaulois. Il était revêtu d'armes enrichies d'or et d'argent, et rehaussées de pourpre et de couleurs si vives, qu'il éblouissait comme l'éclair[714].»
Note 712: Τόν ήλιον προσεκύνησε. Plutarch. in Marcell. p. 301.
—Front. Stratag. l. IV, c. 5.
Note 713: Feretrius à feriendo: le dieu qui frappe ou qui fait frapper. Plutarch. in Romulo.—Omine quòd certo dux ferit ense ducem. Propert. IV, v. 46.—Vel à ferendo; quòd ei spolia opima afferebantur ferculo vel feretro gesta. Tit. Liv. I. 10.
Note 714: Άνήρ μεγέθει τε σώματος έξοχος Γαλάτων, καί πανοπλία έν άργύρψ καί χρυσώ καί βαφαϊς πάσι καί ποικίλμασιν, ώσπερ άστραπή διαφέρων στίλβουσα. Plut. in Marcell. p. 301.