ANNEES 241 à 191 avant J.-C.

La Galatie ou Gaule asiatique avait pour frontière: au nord, la chaîne de montagnes qui s'étend du fleuve Sangarius au fleuve Halys; au midi, cette autre chaîne parallèle à la première, que les Grecs nommaient Dindyme, et les Romains Adoreus; au levant, elle se terminait à quelques milles par-delà Tavion; et non loin de Pessinunte, du côté du couchant. Elle avait pour voisins immédiats les rois de Pont, de Paphlagonie, de Bithynie, de Pergame, de Syrie et de Cappadoce[895]. Deux grands fleuves et des affluens nombreux arrosaient son territoire en tout sens: l'Halys, sorti des montagnes de la Cappadoce, dans la direction de l'ouest à l'est, se recourbant ensuite vers le nord, puis vers le nord-est, en parcourait les parties centrale et orientale[896]; le Sangarius, renommé pour ses eaux poissonneuses[897], coulait du mont Dindyme, à travers la partie occidentale, et se jetait ensuite dans le Pont-Euxin, non loin du Bosphore.

Note 895: Strabon. l. XII, p. 166.—Pline. l. V, c. 32.
—Tit. Liv. l. XXXVIII, c. 16 et seq.—Ptolem. l. V, c. 4.
—Zon. l. IX, t. I, p. 457, edit. reg.

Note 896: Strab. l. XII, p. 546.—Tournefort, Voyage dans le Levant,
t. II, p. 441 et suiv.

Note 897: Piscium accolis ingentem vim præbet.
T. L. l. XXXVIII, c. 16.

C'étaient, comme on l'a vu plus haut[898], les Tolistoboïes qui occupaient la Galatie occidentale et les bords du Sangarius. La ville phrygienne de Pessinunte, située au pied du mont Agdistis, et célèbre dans l'histoire religieuse de l'Asie, se trouvait dans leurs domaines; ils en avaient fait leur capitale. Ils possédaient encore deux autres places, Péïon[899] et Bloukion[900], construites postérieurement à la conquête: comme leurs noms l'indiquaient en effet, la première servait de lieu de plaisance aux chefs tolistoboïes, l'autre renfermait le trésor public[901].

Note 898: Voyez ci-dessus, chap. V.

Note 899: Pau, Peues, en langue kimrique, loisir et lieu de repos.

Note 900: Blouck, caisse, coffre; par extension, lieu de dépôt.

Note 901: Φρούρια δ΄αύτών έστί τό τε Βλούκιον καί τό Πήϊον· ών τό μέν ήν βασίλειον Δηϊοτάρου, τό δέ γαζοφυλάκιον. Strab. l. XII, p. 567.