Note 94: Plut. in Mario. p. 412.—V. ci-après, période 1100 à 631 avant JC.. et seq.
Note 95: Δικαίως… ού κακώς είκάζει. Strab. l. VII, p. 203.
Note 96: Diod. Sicul. l. V, p. 309.
La concordance des dates donnera, j'espère, à ce système un dernier degré d'évidence. C'est en 631 que les hordes Kimmériennes sont chassées par les Scythes et refoulées dans l'intérieur de la Germanie, vers le Danube et le Rhin; en 587 nous voyons la Gaule en proie au bouleversement le plus violent, et une partie de la population gallique obligée de chercher un refuge soit en Italie soit dans les Alpes illyriennes; entre 587 et 521, des peuples du nom de Kimbri, qui est le même que Kimmerii, franchissent les Alpes pennines, et un de ces peuples porte le nom fédératif de Boïe, que nous retrouvons parmi les Kimbri transrhénans.
De tout ce qui précède résulte, ce me semble, l'identité des peuples appelés Kimmerii, Kimbri, Kymri; et la division de la famille gauloise en deux branches, ou races, dont l'une porte le nom de Kymri et l'autre celui de Galls.
SECTION III.
PREUVES TIRÉES DES TRADITIONS NATIONALES.
I. Il n'est presque personne aujourd'hui qui n'ait entendu parler de ces curieux monumens tant en prose qu'en vers dont se compose la littérature des Gallois ou Kymri, et qui remontent, presque sans interruption, du seizième au sixième siècle de notre ère: littérature non moins digne de remarque à cause de l'originalité de ses formes, que par les révélations qu'elle renferme sur l'ancienne histoire des Kymri. Contestée d'abord avec acharnement par une critique dédaigneuse et superficielle, ou même sottement passionnée, l'authenticité de ces vieux monumens n'est plus maintenant l'objet d'aucun doute; convaincu pour ma part, je renverrai mes lecteurs aux nombreuses discussions qui ont eu lieu sur la matière, en Angleterre principalement[97]. J'ai donc fait usage des traditions gauloises avec confiance, mais avec une extrême réserve, réserve qui m'était commandée par le plan de mon ouvrage construit d'après les données grecques et romaines; d'ailleurs l'époque que j'ai traitée est antérieure à celle où se rapportent les plus développées et les plus nombreuses de ces traditions. Les faits qui peuvent en être tirés, relativement à la question que j'examine, se réduisent à trois.
Note 97: La collection la plus complète des documens littéraires des Gallois a été publiée à Londres sous le litre anglo-gallois de Myvyrian Archaiology of Wales, que l'on pourrait rendre en français par celui d'Archéologie intellectuelle des Gallois: le premier volume est consacré aux bardes ou poètes, en tête desquels figurent Aneurin, Taliesin, Lywarch Hen et Myrddin, appelé vulgairement Merlin, personnages célèbres de l'île de Bretagne au sixième siècle; le second contient des souvenirs historiques nationaux, classés trois par trois, en raison, non pas de leur liaison ou de leur dépendance chronologique, mais de quelque analogie naturelle ou de quelque ressemblance frappante entre eux, et appelés à cause de cette forme, Triades historiques. M. Sharon Turner, dans un excellent ouvrage, intitulé Défense de l'authenticité des anciens poëmes bretons (London, 1803), a résolu la question relative à Taliesin, Aneurin, Myrddin et Lywarch Hen de la manière la plus décisive pour tout esprit juste et impartial. Nombre d'érudits Gallois, entre autres M. William Owen, se sont occupés aussi avec succès de la question plus épineuse des Triades. Mais je dois recommander surtout à mes lecteurs français un morceau publié dans le troisième volume des Archives philosophiques, politiques et littéraires (Paris, 1818), modèle d'une critique fine et élégante, et où l'on reconnaît aisément la main du savant éditeur des Chants populaires de la Grèce moderne. Je saisis vivement cette occasion de témoigner à M. Fauriel toute ma reconnaissance pour les secours qu'il m'a permis de puiser dans son érudition si variée et pourtant si profonde.
1º La dualité des races est reconnue par les Triades: les Gwyddelad (Galls) qui habitent l'Alben y sont traités de peuple étranger et ennemi[98].