Note 388: Fœdæ populationes in Lavicano, Tusculano, Albano agro.
Tit. Liv. l. VII, c. 11.

Note 389: Fugâ Tibur, sicut arcem belli gallici, petunt. Idem, ibid.

Pour mettre un terme à ces dévastations, les peuples latins envoyèrent à Rome des forces considérables, qui se réunirent aux légions sous la conduite du dictateur C. Sulpicius. Ce général, pendant la guerre précédente, avait étudié attentivement l'ennemi qu'il avait à combattre. Ce qu'il craignait le plus, c'était une affaire décisive dès l'ouverture des hostilités; il traîna donc en longueur, travaillant surtout à affamer les bandes gauloises, et à les fatiguer par des marches continuelles. Cette tactique eut un plein succès. Elles furent totalement détruites, partie en bataille rangée, partie par la main des paysans. Leur camp se trouva richement garni d'or et d'objets précieux, provenant du pillage de la Campanie et du Latium. Sulpicius fit un choix parmi ces dépouilles, et les déposa dans le trésor particulier, consacré aux frais des guerres gauloises[390].

Note 390: Tit. Liv. l. VII, c. 1.

ANNEE 350 avant J.-C.

Ce désastre rendit les Cisalpins plus circonspects; et de huit ans, ils n'osèrent pas se remontrer dans Latium. Au bout de ce temps, ils revinrent, et se fortifièrent sur le mont Albano, qui, suivant l'expression d'un écrivain romain, commande comme une haute citadelle toutes les montagnes d'alentour[391]. Trente-six mille Latins et Romains se rassemblèrent aussitôt sous les enseignes du consul Popilius Lænas; dix-huit mille furent laissés autour de Rome pour la couvrir; le reste se dirigea vers le mont Albano. Admirateur de Sulpicius, Lænas était décidé à suivre la même tactique que lui. Après avoir attiré les Gaulois en rase campagne, il prit position sur une colline assez escarpée, et fit commencer les travaux d'un camp, enjoignant bien à ses soldats de ne s'inquiéter en rien des mouvemens qui pourraient se passer dans la plaine[392].

Note 391: Quod editissimum inter æquales tumulos… arcem Albanam petunt. Tit. Liv. l. VII, c. 24.

Note 392: Tit. Liv. l. VII, c. 23.

Sitôt que l'armée gauloise aperçut les enseignes romaines plantées en terre[393], et les légions à l'ouvrage, impatiente de combattre, elle entonna son chant de guerre, et déploya sa ligne de bataille; le consul fit poursuivre tranquillement les travaux. Elle s'ébranla alors toute entière, et vint au pas de course escalader la colline. Popilius plaça entre les travailleurs et les assaillans deux rangs de légionaires, le premier, armé de longues piques ou hastes, le second de javelots et d'autres projectiles. Lancés de haut en bas, ces traits tombaient à plomb, et il n'y en avait guère qui ne portassent juste. Malgré cette grêle qui les criblait de blessures, ou surchargeait leurs boucliers de poids énormes, les Gaulois atteignirent le sommet du coteau; mais là, trouvant devant eux la ligne hérissée de piques qui en défendait l'approche, ils éprouvèrent un moment d'hésitation; ce moment les perdit. Les Romains s'avançant avec impétuosité, leurs premiers rangs furent culbutés, et entraînèrent dans leur mouvement rétrograde la masse qui les suivait. Dans cette presse meurtrière, un grand nombre périrent écrasés, un grand nombre tombèrent sous le fer ennemi; le gros de l'armée fit retraite précipitamment vers l'extrémité de la plaine, où il reprit ses anciennes positions[394].

Note 393: Gens ferox et ingenii avidi ad pugnam, procul visis
Romanorum signis… Idem. Ibid.