Note 545: Brennus Apollinis templum ingressus. Valer. Maxim. l. I, c. 1.—Delphos Galli spoliaverunt. Tit. Liv. l. XXVIII, c. 47; l. XI, c. 58.—Diod. Sicul. l. V, p. 309.—Justin. l. XXXII, c. 3.—Athenæ. bell. Illyric. p. 758.—Scholiast. Callimach. hymn. in Del. v. 173.

On était alors en automne, et durant le combat il s'était formé un de ces orages soudains si fréquens dans les hautes chaînes de la Hellade; il éclata tout à coup, versant sur la montagne des torrens de pluie et de grêle. Les prêtres et les devins attachés au temple d'Apollon se saisirent d'un incident propre à frapper l'esprit superstitieux des Grecs. L'œil hagard, la chevelure hérissée, l'esprit comme aliéné[546], ils se répandirent dans la ville et dans les rangs de l'armée, criant que le Dieu était arrivé. «Il est ici, disaient-ils; nous l'avons vu s'élancer à travers la voûte du temple, qui s'est fendue sous ses pieds: deux vierges armées, Minerve et Diane, l'accompagnent. Nous avons entendu le sifflement de leurs arcs et le cliquetis de leur lances. Accourez, ô Grecs, sur les pas de vos dieux, si vous voulez partager leur victoire[547]!» Ce spectacle, ces discours prononcés au bruit de la foudre, à la lueur des éclairs, remplissent les Hellènes d'un enthousiasme surnaturel, ils se reforment en bataille et se précipitent, l'épée haute, vers l'ennemi. Les mêmes circonstances agissaient non moins énergiquement, mais en sens contraire, sur les bandes victorieuses; les Gaulois crurent reconnaître le pouvoir d'une divinité, mais d'une divinité irritée[548]. La foudre, à plusieurs reprises, avait frappé leurs bataillons, et ses détonations, répétées par les échos, produisaient autour d'eux un tel retentissement qu'ils n'entendaient plus la voix de leurs chefs[549]. Ceux qui pénétrèrent dans l'intérieur du temple avaient senti le pavé trembler sous leurs pas[550]; ils avaient été saisis par une vapeur épaisse et méphitique qui les consumait et les faisait tomber dans un délire violent[551]. Les historiens rapportent qu'au milieu de ce désordre on vit apparaître trois guerriers d'un aspect sinistre, d'une stature plus qu'humaine, couverts de vieilles armures, et qui frappèrent les Gaulois de leurs lances. Les Delphiens reconnurent, dit-on, les ombres de trois héros, Hypérochus et Laodocus, dont les tombeaux étaient voisins du temple, et Pyrrhus, fils d'Achille[552]. Quant aux Gaulois, une terreur panique les entraîna en désordre jusqu'à leur camp, où ils ne parvinrent qu'à grand'peine, accablés par les traits des Grecs et par la chute d'énormes rocs qui roulaient sur eux du haut du Parnasse[553]. Dans les rangs des assiégés, la perte ne laissa pas non plus que d'être considérable.

Note 546: Repentè universorum templorum antistites, simul et ipsi
vates, sparsis crinibus…. pavidi vecordesque….
Justin. l. XXIV, c. 8.

Note 547: Adesse Deum; eum se vidisse desilientem in templum per culminis aperta fastigia… audisse stridorem arcûs ac strepitum armorum. Justin. l. XXIV, c. 8.

Note 548: Præsentiam Dei et ipsi statim sensêre. Idem, ibid.

Note 549: Βρονταί τε καί κεραυνοί συνεχεϊς έγίνοντο, καί οί μέν έξέπληττόν τε τούς Κελτούς, καί δέχεσθαι τοίς ώσί τά παραγγελλόμενα έκώλυον,. Pausan. l. X, p. 652.

Note 550: Ή τε γή πάσα βιαωως έσείετο. Pausan. loc. citat.
—Terræ motu. Justin. l. XXIV, c. 8.

Note 551: Pausan. loc. citat.

Note 552: Τά τε τών ήςώων τηνικαύτά σφισιν έφάνη φάσματα… Pausan. l. X, p. 650.—Δείματά τε άνδρες έφίσταντο όπλΐται τοϊς βαρβάροις. Idem, l. I, p. 7.

Note 553: Pausan. l. X, ut sup. et l. I, p. 7.—Portio montis abrupta. Justin. l. XXIV, c. 8.