LA SOIF
Donnez-moi, donnez, ô femmes,
Du vin à boire d'un seul trait.
La soif me brûle, et vous me délaissez:
J'ai lieu de gémir.
Et puis encore, donnez-moi de ces fleurs:
Mon front brûle à la surface
Les couronnes, dont je l'ai couvert.
Mais, de la chaleur des Amours,
O mon âme, qui te garantira?
XXII
BATHYLLE
A l'ombre de Bathylle
J'irai m'asseoir: ah! le bel arbre!
Il balance un feuillage superbe
Sur une tige mince;
A ses côtés coule, doux stimulant,
La source vive de la Persuasion.
A cette vue, qui voudrait négliger
Un pareil endroit de déduit?
XXIII
L'AMOUR DE L'OR
Si l'abondance de l'or
Donnait de la vie aux mortels,
Je me résignerais à épargner,
Afin que la Mort survenant
A prix d'or voulût s'éloigner.
Mais puisqu'il n'est pas permis aux mortels
D'acheter de la vie,
Pourquoi gémir en vain?
Pourquoi me lamenter?
Puisque ma mort est décrétée,
A quoi l'or me sert-il?
Ah! que j'aie le bonheur de boire!
Et, tout en buvant du vin délicieux
En compagnie de mes amis,
Puissé-je en un lit délicat
Accomplir l'œuvre de Vénus!
XXIV
RÉSOLUTION