Puisque je suis né mortel
Pour parcourir la route de la vie,
Je sais le temps que j'ai passé,
Sans connaître le temps qu'il me reste à courir.
Laissez-moi, soucis:
Je n'ai pas affaire à vous.
Avant qu'arrive ma fin,
Je veux jouer, rire et danser
Avec le beau Bacchus.

XXV

SON AMOUR POUR LE VIN

Dès que je bois du vin,
Mes soucis s'assoupissent.
A quoi bon soupirs,
Peines et chagrins?
Je devrai mourir, même à contre-cœur:
Pourquoi méconnaître la véritable vie?
Buvons donc le bon vin,
Le vin du beau Bacchus.
Dans le temps même où nous buvons,
Nos soucis s'assoupissent.

XXVI

MÊME SUJET

Quand Bacchus s'est emparé de moi,
Tous mes soucis s'endorment.
Croyant posséder tout l'or de Crésus,
Je veux chanter superbement.
Couronné de lierre je repose,
Et mon mépris foule aux pieds l'univers.
Armez-vous: moi je bois.
Une coupe, enfant!
Être étendu sur un lit, ivre,
Vaut mieux qu'être étendu mort.

XXVII

DIONYSOS

C'est le fils de Zeus, Bacchus,
Qui bannit les chagrins et qui délie les langues.
Quand se répand dans mes esprits
Ce dieu qui verse le vin,
Il m'apprend à danser.
Pourtant, j'ai d'autres plaisirs,
Moi, poète, épris des ivresses:
Avec les instruments bruyants, avec les chants
Me plaît aussi Vénus;
Et je veux danser encore.