LIII
LES AMANTS
Les chevaux ont aux cuisses
Une marque de feu,
Et les Parthes
Se reconnaissent à leur tiare.
A voir les amants, moi,
Je les devine aussitôt:
C'est qu'ils ont une imperceptible
Blessure au cœur.
LIV
LA VIEILLESSE
Déjà mes tempes sont
Blanchies, ma tête argentée.
La jeunesse et ses grâces
Ne sont plus; ma bouche a vieilli,
Et de la vie heureuse à peine
Quelques instants me restent.
A cette pensée je gémis
Sur moi, redoutant le Tartare.
D'Adès effroyable est
Le gouffre: il est terrible
D'y descendre; impossible
A qui descend de remonter.
LV
DOUCES IVRESSES
Allons, enfant, apporte-moi
La coupe; qu'à plein verre
Je boive; mêle dix cyathes d'eau
A cinq de vin,
Et que sans affront
Et sans crainte je célèbre Bacchus.
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
Allons! çà! et n'allons plus ainsi
Par du tapage et des cris de joie
Nous exercer à boire comme les Scythes;
Mais buvons peu en chantant bien.