Sache que je pourrais fort bien
Te mettre le mors,
Et, rênes en main, te faire tourner autour
Des bornes du champ de course.

III

A présent, tu pais les prairies
Et bondissant, légère, tu folâtres:
C'est que tu n'as pas d'écuyer
Habile à te dompter.

LIX

LE PRINTEMPS

Il est doux de marcher
Où les pelouses étendent leurs tapis,
Où le Zéphyr exhale
Une brise odorante;
Doux de voir le cep cher à Bacchus,
De s'enfoncer sous le feuillage,
En serrant une tendre enfant
Qui respire Vénus tout entière.

LX

APOLLON

Je vais agiter les cordes de ma lyre.
Ce n'est pas qu'un prix me soit proposé:
Mais, c'est l'occupation de tout homme
Qui a cueilli la fleur de la sagesse.
Avec un plectre d'ivoire
Sonnant des vers harmonieux,
Sur le rythme Phrygien, je chanterai,
Comme un cygne du Caystre
Chante au bruit de ses ailes blanches:
Sa voix est à l'unisson du vent.

Et toi, Muse, danse avec moi;
Car ils sont consacrés à Phébus,
Cette lyre, ce laurier, ce trépied.