—Ce sont les lettres de madame de Sévigné, dit-elle. Vous savez que je fais, dimanche prochain, une lecture des plus belles lettres de madame de Sévigné.

—Où ça? demanda Fagette.

—Salle Renard.

Ce devait être une salle ignorée et lointaine. Nanteuil et Fagette ne la connaissaient pas.

—Je donne cette lecture au bénéfice des trois pauvres orphelins qu'a laissés l'artiste Lacour, mort si tristement de phtisie, cet hiver. Mes mignonnes, je compte sur vous pour placer des billets.

—C'est vrai, tout de même, qu'elle est ridicule, Marie-Claire! dit Nanteuil.

On gratta à la porte de la baignoire. C'était Constantin Marc, le jeune auteur d'une pièce que l'Odéon allait mettre tout de suite en répétition, la Grille, et Constantin Marc, bien que campagnard et vivant dans les bois, ne pouvait plus désormais respirer que dans le théâtre. Nanteuil devait jouer le grand rôle de la pièce: il la regardait avec émotion, comme l'amphore précieuse destinée à contenir sa pensée.

Cependant Durville s'enrouait:

»—Et si la France ne peut être sauvée qu'au prix de notre vie et de notre honneur, je dirai avec l'homme de 93: «Périsse notre mémoire!»

Fagette désigna du doigt un jeune homme bouffi qui se tenait, la canne sous le menton, à l'orchestre.