Madame Simonneau était une femme de Neuilly qui venait tous les matins faire le ménage.

Un grand arbre de Judée, tout penché et qui semblait mort, allongeait jusqu'à la marquise une de ses branches rondes et noires.

—Je n'aime pas bien cet arbre, dit Félicie; ses branches ont l'air de gros serpents. Il y en a une qui entre presque dans notre chambre.

Ils montèrent les trois marches du perron. Et, tandis qu'il cherchait dans le trousseau la clé de la porte, elle posa sa tête sur son épaule.

Félicie avait dans ses dévoilements une fierté tranquille qui la rendait adorable. Elle montrait un si paisible orgueil de sa nudité que sa chemise, à ses pieds, semblait un paon blanc.

Et quand Robert la vit nue et claire comme les ruisseaux et les étoiles:

—Au moins, lui dit-il, tu ne te fais pas prier, toi!... C'est singulier: il y a des femmes qui, sans même qu'on leur demande rien, font tout ce qu'il est possible de faire et ne veulent pas qu'on leur voie pendant ce temps-là seulement un petit bout de peau.

—Pourquoi? demanda Félicie, en jouant avec les fils légers de sa chevelure.

Robert de Ligny avait la pratique des femmes. Pourtant il ne sentit pas combien cette question était insidieuse. Il avait reçu des enseignements moraux et il s'inspira, dans sa réponse, des professeurs dont il avait suivi les cours.

—Cela tient sans doute, dit-il, à l'éducation, à des principes religieux, à un sentiment inné qui subsiste alors même que...