—Sire, dit-elle à l'empereur, ne faites-vous pas venir Jérôme ici pour que je puisse le voir?…

Il lui répondit brusquement:

—Oh! oh! vous allez voir que je ferai déranger un de mes généraux d'armée pour une femme!… (Loc. cit., p. 22)

Catherine rapporte ce dur propos et elle ajoute: «Je ne pus cacher quelques larmes qui m'échappèrent à cette réponse.»

Régente de Westphalie en l'absence du prince, ce n'est pas sans inquiétude qu'elle avait accepté ces hautes fonctions.

«J'ai voulu prouver au roi, par cette soumission, dit-elle, que je ne désire que ce qui peut lui être agréable et utile. Me voilà donc lancée dans les affaires, moi qui les ai toujours détestées… C'est le plus grand des sacrifices que je puisse faire au roi, moi qui n'aime qu'une vie tranquille, calme, paisible, qui adore la lecture, l'ouvrage, la musique, enfin toutes les occupations des femmes.» (Loc. cit., p. 9.)

Son père, inquiet des dangers qu'elle courait et disposé déjà à séparer secrètement la cause de sa fille de celle des Bonaparte, la pressa de quitter Cassel et de se rendre auprès de lui. Elle lui répondit: «Mon cher père, je me rappellerai toujours de vous avoir ouï blâmer la princesse héréditaire de Weimar pour avoir quitté son pays au moment où elle aurait dû y rester.»

Mais les événements se précipitaient. Nous touchons à la phase héroïque de la vie de Catherine.

La sixième coalition mit fin au royaume de Westphalie. Catherine sortit de Cassel, pour n'y plus rentrer, le 10 mars 1813. À Leipzig, la cavalerie wurtembergeoise passa à l'ennemi sur le champ de bataille. Le roi Frédéric, jusque-là vassal de la France, était devenu son ennemi.

En 1814, après la chute de l'Empire, il invita sa fille à suivre l'exemple de Marie-Louise et à se séparer de son mari. La politique, selon lui, pouvait délier un lien qu'elle avait seule formé.