»Nier la finesse du paysan, c'est nier l'évidence; nier son courage, c'est nier la France.

»Des livres pareils, après la guerre, après les francs-tireurs, après l'héroïsme, sont des livres bons pour nos ennemis et insultants pour notre patriotisme.

»Je racontais, il y a quelques jours, le beau spectacle auquel j'avais assisté, d'une brigade manoeuvrant avec une discipline admirable et un entrain superbe. C'était la manifestation des paysans français.

»Je sais que l'article naïf que j'ai écrit à ce sujet a été lu dans les casernes de la brigade; je sais que le numéro du Petit Marseillais a été affiché, et j'ajouterai même, pour me vanter, non de ce que j'ai écrit, mais de ce que j'ai pensé, que le général a fait lire ce témoignage d'un spectateur au ministre de la guerre et que celui-ci a dit:

»—Voilà la note qu'il faut faire entendre et que nos soldats savent apprécier.

»Allez donc à ces soldats, tout prêts à se faire tuer pour la France, qui ont appris à lire au village ou à la caserne, qui ont des notions grandissantes de l'honneur national, à ces héros en herbe, allez donc lire un livre où l'on prétendra qu'ils sont les victimes d'une inégalité sociale; qu'ils sont fils de coquins par leurs pères, de femmes sans moeurs et sans pudeur par leurs mères; qu'ils ont l'appétit du fumier; qu'ils n'ont aucun sentiment idéal; qu'ils sont le produit de l'inceste, en tout cas de la débauche, l'excrément de la France, déposé sur un tas d'excréments!

»Vous verrez alors avec quel mépris ils vous accueilleront, ces Français échauffés de la pure sève française.»]

[13: M. Lacaze-Duthiers ajoute:

«Ils ne s'en tiennent pas à ne pas savoir, ils inventent des réponses et les débitent avec un aplomb qui mériterait un autre sort qu'une réception. Je ne puis résister à l'envie d'en citer un exemple.

»D.—Comment respirent les animaux?