JEAN SCOTT.

La mort fait rentrer les êtres en Dieu comme un son qui s'évanouit dans l'air.

BOSSUET.

Origène et Jean Scott tiennent ici des discours tous dégouttants des poisons de l'erreur. Ce qui est dit aux livres saints des tourments de l'enfer doit être entendu au sens précis et littéral. Toujours vivants et toujours mourants, immortels pour leurs peines, trop forts pour mourir, trop faibles pour supporter, les damnés gémiront éternellement sur des lits de flammes, outrés de furieuses et irrémédiables douleurs.

SAINT-AUGUSTIN.

Oui, ces vérités doivent être prises au sens littéral. C'est la vraie chair des damnés qui souffrira dans les siècles des siècles. Les enfants morts sitôt le jour ou dans le ventre de leur mère ne seront point exemptés de ces supplices. Ainsi le veut la justice divine. Si l'on a peine à croire que des corps plongés dans les flammes ne s'y consument jamais, c'est un pur effet de l'ignorance, et parce qu'on ne sait pas qu'il y a des chairs qui sa conservent dans le feu. Telles sont celles du faisan. J'en fis l'expérience à Hippone, où mon cuisinier, ayant apprêté un de ces oiseaux m'en servit une moitié. Au bout de quinze jours, je redemandai l'autre moitié, qui se trouva encore bonne à manger. Par quoi il apparut que le feu l'avait conservée comme il conservera les corps des damnés.

SUMANGALA.

Tout ce que je viens d'entendre est noir des ténèbres de l'occident. La vérité est que les âmes passent dans divers corps avant de parvenir au bienheureux nirvana qui met fin à tous les maux de l'être. Gautama traversa cinq cent cinquante incarnations avant de devenir Bouddha; il fut roi, esclave, singe, éléphant, corbeau, grenouille, platane, etc.

L'ECCLÉSIASTE.

Les hommes meurent comme les bêtes, et leur sort est égal. Comme l'homme meurt, les bêtes meurent aussi. Les uns et les autres respirent de même, et l'homme n'a rien de plus que la bête.