TACITE.
Ce discours est concevable dans la bouche d'un juif, façonné à la servitude. Pour moi, je parlerai en romain: L'âme des grands citoyens n'est point périssable. Voilà ce qu'il est permis de croire. Mais on offense la majesté des dieux en supposant qu'ils accordent l'immortalité aux âmes des esclaves et des affranchis.
CICÉRON.
Hélas! mon fils, tout ce qu'on dit des enfers est un tissu de mensonges. Je me demande si moi-même je suis immortel, autrement que par la mémoire de mon consulat qui durera toujours.
SOCRATE.
Pour moi, je crois à l'immortalité de l'âme. C'est un beau risque à courir, une espérance dont il faut s'enchanter soi-même.
VICTOR COUSIN.
Cher Socrate, l'immortalité de l'âme, que j'ai démontrée avec éloquence, est principalement une nécessité morale. Car la vertu est un beau sujet de rhétorique et si l'âme n'est pas immortelle la vertu ne sera pas récompensée. Et Dieu ne serait pas Dieu s'il ne prenait pas soin de mes sujets de discours français.
SÉNÈQUE.
Sont-ce là les maximes d'un sage? Considère, philosophe des Gaules, que la récompense des bonnes actions, c'est de les avoir faites, et qu'aucun prix digne de la vertu ne se trouve hors d'elle-même.