Tout en nouant ses chaussures, la pingouine jeta sur le coffre ouvert un regard curieux, et, voyant qu'il était plein de joyaux et de parures, elle sourit dans ses larmes.

Le moine lui tordit les cheveux sur la nuque et les couronna d'un chapeau de fleurs. Il lui entoura les poignets de cercles d'or et, l'ayant fait mettre debout, il lui passa sous les seins et sur le ventre un large bandeau de lin, alléguant que la poitrine en concevrait une fierté nouvelle et que les flancs en seraient évidés pour la gloire des hanches.

Au moyen des épingles qu'il tirait une à une de sa bouche, il ajustait ce bandeau.

—Vous pouvez serrer encore, fit la pingouine.

Quand il eut, avec beaucoup d'étude et de soins, contenu de la sorte les parties molles du buste, il revêtit tout le corps d'une tunique rose, qui en suivait mollement les lignes.

—Tombe-t-elle bien? demanda la pingouine.

Et, la taille fléchie, la tête de côté, le menton sur l'épaule, elle observait d'un regard attentif la façon de sa toilette.

Magis lui ayant demandé si elle ne croyait pas que la robe fût un peu longue, elle répondit avec assurance que non, qu'elle la relèverait.

Aussitôt, tirant de la main gauche sa jupe par derrière, elle la serra obliquement au-dessus des jarrets, prenant soin de découvrir à peine les talons. Puis elle s'éloigna à pas menus en balançant les hanches.

Elle ne tournait pas la tête; mais en passant près d'un ruisseau, elle s'y mira du coin de l'oeil.