—Tu es digne de connaître le vrai Dieu.

Eucrite répondit:

—Le vrai Dieu est dans le coeur du sage.

Puis ils parlèrent de la mort.

—Je veux, dit Eucrite, qu'elle me trouve occupé à me corriger moi-même et attentif à tous mes devoirs. Devant elle, je lèverai au ciel mes mains pures et je dirai aux dieux:

«Vos images, dieux, que vous avez posées dans le temple de mon âme, je ne les ai point souillées; j'y ai suspendu mes pensées ainsi que des guirlandes, des bandelettes et des couronnes. J'ai vécu en conformité avec votre providence. J'ai assez vécu.»

En parlant ainsi, il levait les bras au ciel et son visage resplendissait de lumière.

Il resta pensif un instant. Puis il reprit avec une allégresse profonde:

—Détache-toi de la vie, Eucrite, comme l'olive mûre qui tombe, en rendant grâce à l'arbre qui l'a portée et en bénissant la terre sa nourrice!

A ces mots, tirant d'un pli de sa robe un poignard nu, il le plongea dans sa poitrine.