—Comment parlerait-elle anglais, puisqu'elle n'est pas du parti des Anglais[700]?
Un poète champenois avait bien dit, deux cents ans auparavant, que le parler français, que le Seigneur fit bel et léger, était le langage du paradis.
Elle fut ensuite interrogée sur ses anneaux. Matière ardue: il y avait en ce temps-là beaucoup d'anneaux enchantés ou chargés d'amulettes. Les magiciens faisaient des anneaux sous l'influence des planètes et leur donnaient des vertus au moyen de pierres et d'herbes merveilleuses, de caractères et de charmes. Avec des anneaux constellés, on opérait des merveilles. Hélas! elle n'avait eu que deux pauvres anneaux, l'un de laiton, avec les noms de Jésus et de Marie, qu'elle tenait de ses père et mère, l'autre que son frère lui avait donné. L'évêque lui retenait celui-là; les Bourguignons lui avaient ôté l'autre[701].
On essaya de la prendre sur un pacte conclu avec le diable, près de l'arbre des Fées. Elle ne donna pas prise, mais elle prophétisa sa délivrance et la ruine de ses ennemis.
—Ceux qui voudront m'ôter de ce monde pourront bien s'en aller avant moi.... Il faudra qu'un jour je sois délivrée.... Je sais que mon roi gagnera le royaume de France.
On lui demanda ce qu'elle avait fait de sa mandragore. Mais elle n'en avait jamais eu[702].
Puis l'interrogateur eut des curiosités sur saint Michel:
Elle répondit:
—Pensez-vous que Messire n'a pas de quoi le vêtir?