—Avait-il des cheveux?

—Pourquoi lui auraient-ils été coupés?

—Tenait-il une balance?

—Je n'en sais rien[703].

On voulait savoir si elle voyait saint Michel tel qu'il était figuré dans les églises, avec une balance pour peser les âmes[704].

Comme elle dit qu'il lui semblait, à la vue de l'archange, n'être point en état de péché mortel, l'interrogateur se mit à l'arguer sur sa conscience. Elle répondit chrétiennement[705]. Alors il revint au miracle du signe, qu'on avait laissé dormir depuis la première séance, au mystère de Chinon, à cette couronne merveilleuse, que Jeanne, à l'imitation de sainte Catherine d'Alexandrie, croyait tenir de la main d'un ange. Mais elle avait promis à sainte Catherine et à sainte Marguerite de n'en rien dire.

—Quand vous montrâtes le signe au roi, y avait-il quelqu'un avec lui?

—Je ne pense pas qu'il y eût personne autre, bien qu'il se trouvât beaucoup de monde assez proche.

—Avez-vous vu une couronne sur la tête du roi quand vous lui avez montré ce signe?

—Je ne puis le dire sans parjure.