Et vers les cieux ainsi criait…

Un oblique rayon de soleil se joue sur les tempes dégarnies du barde. Iliens et Iliennes ont fait cercle autour de lui : ils boivent ses paroles et suivent le mouvement de la chanson jusque dans l’expression de son visage. Car il ne se contente pas de chanter, il mime ; si bien que la complainte se transforme en un drame monologué. Et quel prestigieux acteur que ce Yann ! Il a joint les mains, il lève au ciel un regard mouillé de larmes ; sa voix, traînante au début, éclate en accents déchirants :

— En se battant contre l’Anglais,

Mon père s’est noyé dans la mer profonde.

Le cœur de ma mère se fendit,

Quand ce malheur elle entendit.

Et je n’ai plus personne, hélas !

Que faire désormais ici-bas ?

Je n’ai plus hélas ! sur la terre

Proche ni parent, père ni mère.