—Auriez-vous failli, vous aussi, recevoir un caillou sur la tête, mon lieutenant, que vous êtes si pâle?
—Pas tout à fait, répondis-je; mais vous aviez raison: l’air de ce souterrain ne vaut rien... Il n’y a de vrai que la brise de mer!
Et je fis mine de la humer avec délices, allongé à demi dans l’ombre de la grande voile... Là-bas, au-dessus des cheminées gothiques du Treztêl, de sveltes colonnes de fumée ondulaient paisibles, sur le ciel calme.
VII
Le soir du même jour, à l’heure plus fraîche où, le souper fini, les femmes de la bourgade se réunissaient pour caqueter au seuil des portes, je vins familièrement m’installer auprès de Quéméner sur le banc du corps de garde. Les banalités préliminaires une fois épuisées, la conversation, ainsi que je m’y attendais, roula sur notre visite de la veille. De nouveau, l’excellent brigadier entonna l’éloge du maire.
—Quel âge a-t-il donc? demandai-je. A voir ses cheveux d’un noir de jais, et n’était sa taille un peu fléchissante, on lui donnerait au plus quarante ans.
—Il en a passé soixante. Mais c’est un terrible homme, bâti à chaux et à sable, sur qui la vieillesse n’a point de prise. Il vous balance une roche avec la même aisance qu’il soulèverait un fétu.
—Cela n’est pas pour m’étonner, dis-je avec componction.
Et, sournoisement, j’insinuai:
—Du temps qu’il marchait avec ses deux frères, ça devait faire un fier trio d’athlètes!