Et déjà il s’apprêtait à lui administrer une correction. Mais, en la soulevant, il s’aperçut que ses prunelles étaient convulsées, que sa tête roulait de bord et d’autre, que ses bras et ses jambes pendaient inertes.
Alors, une sueur froide le glaça. Sa femme se mit à jeter les hauts cris. Un roulier de Morlaix s’avançait sur la route en ce moment. Bleiz-Ar-Yeun le héla, tenant toujours son fardeau.
—Qu’est-ce qu’elle a, cette enfant? interrogea le roulier.
—Je ne sais pas... nous ne savons pas... Elle ne bouge ni ne geint... Toi qui es de la ville, tu sauras peut-être.
—Oui-dà, répondit le roulier, tu n’as plus rien à faire, je crois bien, qu’à l’étendre sur un lit et à dresser sa «chapelle blanche»... M’est avis qu’elle a le cœur cassé.
—Morte?... Vraiment?... balbutia Bleiz-Ar-Yeun, hagard et stupide.
Il chancelait si fort qu’il faillit laisser échapper le petit cadavre.
—Donne, fit le passant..., tu tomberais avec elle: je vais la transporter.
Mais il n’eut pas plus tôt pénétré dans la cuisine, précédant le père et la mère, blêmes comme deux condamnés, qu’il recula soudain, saisi d’épouvante.
—Sapristi!... Qu’est-ce que c’est que ça?