Il se traîna jusqu'à elle, en rampant, comme un chien qui a peur d'être battu.

—Est-ce peine d'esprit ou peine de cœur? Je veux que tu me le dises.

—C'est peine de cœur, Gaïdik. Tu devines toutes choses. Tu es une sorcière, comme la vieille Nann, seulement tu es une sorcière du bon Dieu, toi.

—N'essaie donc pas de me rien cacher.

—Aussi bien j'aurais déjà dû te le dire. Voilà, Gaïdik. Je t'aime follement. Veux-tu que nous soyons mari et femme?

Il avait fallu qu'il prît son courage à deux mains, le pauvre Kaour, pour proférer ces mots si simples. Et maintenant il attendait, la face collée contre terre, que la Charlézenn parlât. La Charlézenn gardait le silence. Kaour releva la tête. Sur ses traits, une angoisse infinie était peinte.

—Gaïd, murmura-t-il, tu ne veux point, n'est ce pas?

—Non, répondit-elle à mi-voix.

Puis, d'un ton plus ferme:

—Non, Kaour, décidément non!