Si j'en crois mon ami Le Bourdonnec, nous fûmes, pour cette escapade, battus de verges.

II

Tout en devisant de la sorte, je m'étais laissé entraîner par Jouan vers sa métairie du Gollod. Il tenait à me présenter à sa femme, «Monna Dizès, voyons, la fille du meunier de Nizilzi, une petite fûtée qui faisait sa première communion l'année où nous faisions, nous, notre troisième».

Il ajoutait d'un ton philosophe:

—Ah! elle a quelque peu épaissi, depuis lors.

La «petite fûtée» s'était, en effet, changée en une opulente matrone, mais qui me reçut de la manière la plus accorte, avec une bonne grâce paysanne à laquelle il n'était guère possible de résister. Je dînai donc au Gollod, le matin; j'y soupai, le soir; et il fut entendu, malgré mes protestations d'ailleurs assez faibles, que j'y passerais la nuit.

—Nous causerons dans l'aire, au pied des meules de blé, sous les étoiles, disait Jouan.

Et Monna Dizès ajoutait:

—Nos lits valent bien ceux de l'auberge… La couette est de fine balle d'avoine, vannée au vent de mer, et les draps sont en toile de Bretagne parfumée de fleur de lavande… Vous y dormirez, croyez-moi, d'un franc somme et, comme la chambre est au levant, le soleil béni vous bonjourera gaîment au réveil. Restez.

Je restai.