Ils allaient, au long des rues, d’un pas rapide, tant les exaltait la ferveur dont ils étaient épris nouvellement. Quelquefois, ils se regardaient, et une agréable gêne leur donnait à rougir. Marie Galande oubliait de chanter le mouron; les gens ne songeaient pas à l’aborder: le panier ne désemplissait pas.

Siméon s’en aperçut et dit:

—Petite Marie Galande, je t’empêche de gagner ta journée. Il faut que je m’en aille. Autrement, les petits oiseaux vont mourir de faim!...

Marie Galande devint sérieuse. Elle hésita:

—Pas les petits oiseaux, la petite Marie Galande. Oui!... Mais je ne veux pas que tu t’en ailles!... C’est vrai, il y a aussi ta voiture. Quel ennui!

—Au revoir,—fit Siméon.

—Non, pas tout de suite. J’aurais trop de peine, si tu t’en allais. Pas toi?... Reste: je n’ai pas faim ...

Siméon lui dit, en tremblant:

—Écoute: tu me vendras ton mouron ... tout le panier?